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Maria Simma

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Détails

Maria Simma, âme victime
pour les âmes du purgatoire

Mondialement connue, décédée le 16 mars

 

Maria Simma (1915-2004)

Le 16 mars 2004 mourait Maria Simma, mondialement connues pour ses relations avec les âmes du purgatoires. La sépulture a eu lieu le 19 mars, fête de saint Joseph, à Sonntag, en Autriche, où elle habitait.

Maria Simma est née le 5 février 1915. Elle avait donc 89 ans à son décès.

Elle a écrit le livre «Les âmes du Purgatoire m’ont dit» relatant une partie de ses expériences avec les âme du purgatoire. Ce livre a été édité par Christiana Verlag, CH 8260 Stein am Rhein, Suisse. Ce livre a connu un tirage extraordinaire: 170 000 en allemand et 60 000 en français.

Maria Simma donnait des conférences pour faire connaître aux gens les souffrances des âmes du purgatoire et les incitait à faire célébrer des Messes pour elles, afin d’aider à les libérer de leurs tourments et de leur permettre d’entrer dans la céleste félicité au plus tôt. Une charité que l’on oublie trop souvent de faire même pour nos parents et amis. 

Maria Simma recevait un courrier abondant et elle y répondait.

Première visite d’une âme du purgatoire

Dans son livre, Maria Simma raconte:

C’est en 1940 que se manifesta pour la première fois à moi une âme du purgatoire. Entendant quelqu’un aller et venir dans ma chambre, je m’éveillai. Je regardai qui pouvait bien être dans ma chambre. ...

Je vis alors un étranger qui allait et venait lentement. Je l’interpellai d’un ton bourru. «Comment es-tu entré ici? Qu’as-tu perdu? ... Je bondis de mon lit et je voulus l’empoigner. Je ne saisis que de l’air, il n’y avait plus rien... Je retournai au lit et l’entendis de nouveau aller et venir...

Une fois encore je me levai, je marchai lentement vers lui, je voulus l’arrêter..., une fois encore je fonçai dans le vide. Il n’y avait plus rien...

Après la messe, j’allai chez mon directeur spirituel et lui racontai tout. «S’il arrive encore quelque chose de semblable, ne demande pas «qui es-tu?» mais «que veux-tu ?»

La nuit suivante, il revint: c’était le même homme que la nuit précédente. Je lui demandai: Que veux-tu de moi? ...» Il me répondit: «Fais célébrer trois messes pour moi et je serai délivré.»

Je sus alors que ce devait être une âme du purgatoire. Je le dis à mon directeur qui me confirma la chose.

De 1940 à 1953, il venait chaque année deux ou trois âmes seulement, le plus souvent au mois de novembre. Je ne voyais là aucune mission spéciale à remplir. Je le dis à mon curé Alphonse Matt qui était aussi mon directeur spirituel. Il me conseilla de ne jamais écarter une âme du purgatoire et de tout accepter généreusement.

Souffrances expiatoires

Des âmes du purgatoire me demandèrent aussi de souffrir pour elles. Ce furent de grandes souffrances. Quand une âme vient, elle me réveille en me frappant ou en m’appelant ... Je lui demande aussitôt: «Que veux-tu?» ou «Que dois-je faire?» Ce n’est qu’alors qu’elle peut me dire ce qui lui manque.

Ainsi, une âme me demanda: «Souffrirais-tu pour nous?» ... Je lui répondis donc: «Oui, mais que dois-je donc faire pour cela?» Elle me dit: «Trois heures durant, tu éprouveras de grandes douleurs dans tout ton corps; mais au bout de ces trois heures tu pourras te lever et vaquer à tes occupations comme si rien n’était. Tu peux ainsi m’enlever vingt ans de purgatoire.»

J’acceptai. De telles douleurs me saisirent alors qu’à peine savais-je où j’étais, bien que restant consciente d’avoir accepté, en expiation pour une âme, ces souffrances qui devaient durer trois heures. Il me semblait

Livre


Les Âmes du Purgatoire m'ont Dit...

édition par Rozenn B. et JESUSMARIE.com

  Cet ouvrage se recommande de lui-même par son accent de vérité. Maria Simma n’est pas, il est vrai, une stigmatisée comme Thérèse Neumann, Adrienne von Speyer et le P. Pio ; son charisme, ce sont les relations que Dieu lui permet d’entretenir avec les âmes du purgatoire.

  Si ce qu’elle a vécu a cours de ses relations avec elles, ce qu’elle en a appris, peut paraître pour certains un anachronisme, à notre époque de cerveaux électroniques et de fusées lunaires, cela nous permet de jeter une regard combien précieux sur l’autre monde et confirme le fait qu’il y a un Dieu et une survie après la mort.

  Ce livre peut aussi servir d’invitation à repenser notre vie à la lumière de l’éternité et à en tirer les conséquences.

  Comme le dit le concile de Vatican II dans sa constitution dogmatique sur l’Eglise (no 12) : «  A chacun est donné la manifestation de l’Esprit en vue du bien commun (I Cor,12,7). Ces charismes, qu’ils oient plus éclatants ou plus simples et plus largement répandus, sont très appropriés et très utiles aux nécessités de l’Eglise : il faut donc les recevoir avec action de grâces et consolation. …Le jugement sur leur authenticité et leur usage bien ordonné revient à ceux qui président dans l’Eglise et à qui il appartient spécialement de ne pas éteindre l’Esprit, mais de tout éprouver et de retenir ce qui est bon » (Cf. I Th. 5, 12 et 19_21)

  Le charisme particulier de Maria Simma consiste en ce que les âmes du purgatoire peuvent s’adresser à elle pour demander du secours.

  Dans cet opuscule, elle raconte, à la manière toute simple qui est la sienne (et qu’on retrouve également dans ses conférences) ses relations avec les âmes du purgatoire. Ses affirmations sont parfaitement conformes à la doctrine de l’Eglise concernant le purgatoire. Comme ce point de doctrine risque plus ou moins de tomber dans l’oubli et qu’on prie de moins en moins pour les âmes du purgatoire, il paraît tout à fait conforme aux plans de Dieu que Maria Simma non seulement prie et souffre elle-même pour ces pauvres âmes, mais qu’elle amène, parce qu’elle nous en dit, un cercle plus étendu de fidèles à réfléchir davantage.

  Le récit de Maria Simma est introduit par un bref curriculum vitae dû à son curé M. Alphonse Matt.

(Messager [Sendbote]  du Sacré-Cœur de Jésus, Innsbruck 8/69.)

  L’âme charismatique, « la mère des âmes du purgatoire », connue bien au-delà des frontières de l’Autriche, a raconté dans cet opuscule ses expériences et ses relatons avec les âmes du purgatoire.

  Ce modeste ouvrage veut être pour l’homme, à notre époque moderne de « société de consommation », de « masses moyennes », de technique atomique, et de merveilles de la science, un rappel tout spécial de Dieu et d’une survie après la mort. Ouvrage extrêmement intéressant, écrit dans un langage très vivant et facile à comprendre, très suggestif et surtout riche d’enseignements pour chacun. Ceux qui connaissent la mystique et la théologie mystique seront heureux de se le procurer. Ils n’auront pas à le regretter.

(Klemens-Blätter, 6/69, Vienne)

  Je vous remercie, Père, Maître du ciel et de la terre, d’avoir caché ces choses aux savants et aux sages et de les avoir révélées aux petits. Oui, Père, telle a été votre volonté. Math.11, 25_26

  Aussi bien, frères, considérez votre appel. Il n’y a pas beaucoup de sages selon la chair, ni beaucoup de puissants, ni beaucoup de gens qui sont bien nés. Mais ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre les sages ; ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre la force ; ce qui, dans le monde, est sans naissance et ce que l’on méprise, voilà ce que Dieu a choisi ; ce qui n’est pas, pour réduire à rien ce qui est, afin qu’aucune créature n’aile se glorifier devant Dieu. 1 Cor., 1, 26_29

  Il y a un lieu de purification et les âmes qui y sont retenues trouvent un secours dans l’intercession des fidèles. Concile de trente.

LE CAS DE MARIA SIMMA : VÉRITÉ OU MENSONGE ?

L’éditeur prend position

  Le livre de Maria Simma « Les âmes du purgatoire m’ont dit… » a été attaqué d’une manière qui manquait d’objectivité, ce qui m’oblige, comme éditeur, à prendre position. Voici donc mon point de vue.

  Avant de décider d’éditer ce livre, j’ai voulu tout examiner soigneusement. Je me suis rendu à Sonntag, dans le Grosswalsertal où habite Maria Simma. J’y ai eu un long entretien avec son directeur spirituel, le curé Alphonse Matt, qui m’a également autorisé à publier dans ce livre un abrégé de rapport qu’il a adressé à l’évêque auxiliaire de son diocèse concernant Maria Simma. Nous avons pu rendre, pour nos archives, une photocopie du rapport médical de six pages, contenant un test psychologique fait par le Dr Ewald Böhm, qui en avait été chargé par un professeur de théologie d’Innsbruck. Le fait important qui en ressort, c’est qu’on ne décèle, chez Maria Simma, aucune trace d’hystérie ou de psychopathie.

  A Sonntag, j’ai pu également m’entretenir avec les voisins de Maria Simma et visiter la chapelle qui est un lieu de pèlerinage.

  En résumé, la seule question qui se pose pour moi, est celle-ci : le cas de Maria Simma est-il vrai ou non ? Si les faits relatés dans le livre que ‘ai édité sont exacts, j’y vois en quelque sorte une attestation divine du caractère surnaturel de son charisme ; j’y vois la preuve qu’il ne s’agit pas d’un cas de simple télépathie mais de tout autre chose, et ce qu’elle dit avoir vécu mérite créance.

LIBRE À CHACUN DE CONTROLER

  Dans le rapport du curé Alphonse Matt on lit : « On peut vérifier la réalité des faits en constatant l’exactitude des indications données par Maria Simma au sujet d’âmes. Ces indications devaient être transmises à leur parenté. La plupart de ces cas étaient parfaitement inconnus de Maria. Dans le rapport adressé à Mgr Tschann figurent de longues listes de noms de défunts avec leurs demandes. J’ai envoyé la plus grande partie de ces indications aux curés pour examen, en les priant de faire suivre, au cas où ces indications seraient conformes à a réalité. Pour les cas soulignés dans mon rapport, on m’a répondu que les indications étaient exactes. »

  Je prie les critiques éventuels de s’abstenir le plus possible, désormais, de toute spéculation, de tout slogan et de se limiter à indiquer que les faits sont vrais… ou faux, mais cela en se basant sur les faits tels qu’ils sont relatés dans ce livre. Tout le reste en dépend.

  Je déclare ici publiquement que je retirerai immédiatement le livre du commerce, s’il est solidement établi que Maria Simma et son directeur spirituel ont usé de supercherie et que les faits relatés dans ce livre sont inventés. Il existe des centaines de témoins de ces faits, dans des douzaines de villages.

  Nous avons délibérément, dès le début, joué cartes sur table ; nous avons présenté Maria Simma en indiquant son nom, son village, son curriculum vitae, pour que quiconque veut examiner le cas avec une intention droite, ait la possibilité de faire des recherches (tout comme à Lourdes, au Bureau des constatations, où chacun peut se renseigner sur les prodiges inexplicables par les seules forces naturelles). Le livre de Maria Simma n’a pas été écrit en vue de satisfaire ne curiosité avide de sensationnel, mais comme un ouvrage d’édification, pour mettre le lecteur en face du fait qu’il existe un lieu de purification et pour lui rappeler qu’il doit prier pour les défunts.

CE QUE DIT LE CONCILE VATICAN II A PROPOS DES RÉVÉLATIONS PRIVÉES

  Quand Dieu accorde un charisme, ce n’est pas, que nous sachions, pour le plaisir personnel de l’âme qui en est favorisée. Un saint Nicolas de Flue n’avait certainement pas contemplé la T.S. Trinité en vision pour sa seule édification, et Sainte Jeanne d’Arc, la bonne Lorraine, n’avait sûrement pas entendu ses voix pour son divertissement personnel, mais pour sauver son pays.

  Nul catholique n’est obligé de prêter foi à des révélations privées, mais on ne saurait nier qu’il y ait eu et qu’il y ait encore, dans l’Eglise, d’innombrables révélations privées. Depuis S. François d’Assise, par exemple, plus de 300 cas de stigmatisation sont attestés. Bien des manifestations religieuses ont pour origine des révélations privées : la procession de la Fête-Dieu, la dévotion au Sacré-Cœur, le rosaire, Lourdes par exemple. Nous n’avons pas à en éprouver de gêne. Dieu n’aurait-Il plus le droit, de nos jours, d’accorder des charismes comme ceux dont l’apôtre S. Paul nous parle en les détaillant ?

   Le Concile du Vatican II a écrit, à propos de ces dons : « Ces charismes, qu’ils soient plus éclatants ou plus simples, et plus largement répandus, sont très appropriés et très utiles aux nécessités de l’Eglise : il faut donc les recevoir avec action de grâces et consolation… Le jugement sur leur authenticité et leu usage bien ordonné revient à ceux qui résident dans l’Eglise et à qui il appartient spécialement de ne pas éteindre l’Esprit, mais de tout éprouver et de retenir ce qui est bon (Constitution dogmatique sur l’Eglise, no 12).

   Le curé Alphonse Matt écrit de son côté dans son rapport déjà cité : « Ce que Maria a appris par l’entremise des âmes, ce qu’elle a vu pour son instruction et son réconfort au milieu de ses plus grandes souffrances, concernant le temps présent, ses besoins, ses dangers, leurs remèdes, concorde entièrement soit avec les enseignement de la foi sur la justice et la miséricorde divine, soit avec la doctrine du purgatoire, soit avec les jugements et directives de l’Autorité ecclésiastique.

  Pourquoi donc tant de susceptibilité, alors que pour l’Eglise, il n’y a rien de nouveau dans le fait que les âmes du purgatoire apparaissent ? (Il existe sur cette question une riche littérature qui s’étend jusqu’à notre époque). Même un saint aussi connu que S. Jean Bosco de Turin (1815-1888) a eu l’apparition de son ami défunt, apparition « vécue » par vingt de ses séminaristes et qui leur fit une impression aussi effrayante que durable. (Cf. L. von Matt, Don Bosco pp. 64/65 NZN-Verlag, Zurich).

  La célèbre Sainte Marguerite-Marie Alacoque (1647-1690) décrit dans son autobiographie l’apparition d’un moine bénédictin décédé. Le fait que les âmes des morts peuvent apparaître est expressément mentionné dans le Nouveau Testament. L’évangile selon S. Mathieu (XXVII, 52-54) raconte commet, après la résurrection de Notre-Seigneur, des âmes de défunts sont apparues à de nombreux témoins.

UN TÉMOIN DE TOUT PREMIER ORDRE

  Voici en quels termes s’exprime le Vicariat général de l’évêché de Feldkirch, dans un document concernant le curé Alphonse Matt : « Quand au curé lui-même, c’est un prêtre d’une haute intégrité et exemplaire, chez qui on ne trouve rien d’exalté. Avec ses soixante dix-sept ans, c’est un respectable vieux prêtre. »

  Quant à mon avis tout personnel, le voici : à supposer que le cas de Maria Simma soit vrai, pourquoi n’en pas croire son curé, puisque c’est un prêtre excellent et qu’il est, dans le cas de Maria Simma, le premier témoin et pour ainsi dire le personnage de tout premier plan ? A supposer au contraire, que le cas ne soit pas vrai, son curé aurait alors été victime d’une personne trompeuse ; c’est dire qu’au cours de plus de cinquante ans de ministère, il n’aurait pas acquis le moindre don de discernement des esprits ? Serait-il alors un prêtre exemplaire et intègre ?

  Personne ne s’attend à ce que l’évêque de Feldkirch reconnaisse officiellement Maria Sima aussi longtemps qu’elle vit : un tel acte serait en contradiction avec la pratique de l’Eglise, qui, dans les cas où il n’y a aucune tromperie visible, s’en tient au sage conseil de Gamaliel (Act. V, 34-40).

  L’humilité et la pauvreté de Maria Simma sont pour nous les meilleurs garants de l’authenticité de son cas. Si elle était orgueilleuse, pleine d’elle-même, nous n’aurions pas bougé le petit doigt en sa faveur. Mais c’est là, justement, qu’est le scandale ! Les Juifs se scandalisaient déjà de ce que le Christ fréquentait des pécheurs simples et ignorants, des publicains et des pécheurs. Beaucoup de catholiques modernes se sentent si éclairés, qu’ils ne peuvent comprendre pourquoi à Lourdes, à Fatima, la Mère de Dieu est apparue à de simples petits bergers et beaucoup écartent le cas de Fatima malgré le miracle solaire qui eut lieu en 1917 en présence de 70000 témoins et dont la presse mondiale unanime se fit écho.

LA SIGNATURE DE DIEU

  La tactique de Dieu consiste à choisir ce qui est faible pour triompher de ce qui est fort. C’est en utilisant un instrument faible qu’Il peut montrer le mieux la grandeur de Sa force. Si David avait été un guerrier aussi fort que Goliath, personne n’aurait cru à une intervention divine. Avec une clarté extraordinaire Saint Paul a écrit dans sa première épître aux Corinthiens : « Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes » (I Co 1, 25).

  Il est sot, disons-le franchement, de parler de choses « accessoires », « de phénomènes périphériques » dans le cas de Marie, des Saints, du purgatoire. Comme si la périphérie ne faisait pas partie du tout ! Que serait par exemple l’Europe sans ses états périphériques ? Beaucoup de catholiques sont aujourd’hui infectés d’idées modernistes et croient pouvoir jeter par-dessus bord tout ce qui a trait aux charisme ou à la mystique. Ils oublient ces fameuses paroles de Karl Rahner, théologien au Concile du Vatican II : « Les révélations privées ne sont pas, pour l’Eglise, un luxe, mais un impératif qui indique comment l’Eglise doit agir dans telle situation historique donnée.»

  E tous cas, nous avons agi de bonne foi et nous nous soumettront à la vérité. Ais tant que nous agissons de bonne foi, nous avons le droit à une critique bienveillante et objective.

Arnold Guillet

MARIA SIMMA

Courte notice remise à son évêque Monseigneur Franz Tschann, évêque auxiliaire e Feldkirch (mort en 1955) par l’Abbé Alphonse Matt, curé de la voyante.

MARIA SIMMA, SA FAMILLE, SON ORIGINE

  Maria Agatha Simma est née le 5février 1915 à Sonntag (Vorarlberg). C’est le deuxième enfant de Joseph-Antoine Simma et de son épouse Aloïsa née Rinderer. Sonntag est situé tout au fond du Grosswalsertal, à environ 30 km à lest de Feldkirch en Autriche.

   Le père de Maria, Joseph-Antoine, était fils du propriétaire de l’auberge du Lion, prénommé lui aussi Joseph-Antoine et de sa femme Anna Pfisterer, de Sonntag.

  Pendant des années, il gagna sa vie comme concierge ; puis comme domestique chez son frère Jean Simma, agriculteur à Bregenz. C’est là qu’il fit la connaissance d’ Aloïsa Rinderer, enfant d’un employé des chemins de fer, que Jean avait prise chez lui et élevée. Joseph l’épousa malgré une différence d’âge de 18 ans. Ils apportèrent tous deux en ménage la pauvreté. Joseph alla occuper un appartement aux environs de Sonntag. Durant la première guerre mondiale, il fut facteur postal, puis cantonnier et journalier, enfin retraité.

  Avec sa femme et ses huit enfants il déménagea pour aller demeurer dans une vieille maison que lui avait léguée par testament un bon vieillard, Franz Bickel, maître charpentier.

  A cause de la grande pauvreté de la famille, les enfants entrèrent tous jeunes en service et durent gagner leur pain, les garçons comme ouvriers, les filles comme bonnes d’enfants.

  Dès sa jeunesse, Maria Simma manifesta une profonde piété et fréquenta assidûment les cours d’instruction religieuse donnés par son curé Dr. Karl Fritz. Après son école primaire, elle partit pour la Souabe, puis plus tard pour Hard, Nenzing et Lauterach.

  Elle désirait devenir religieuse, mais à trois reprises elle se fit éconduire à cause de sa faible constitution.

  Son trousseau pour le couvent, elle avait dû en partie le mendier et en partie le gagner elle-même. Trois années durant, elle fut en service au home St. Joseph à Feldkirch. Après sa sortie de Gaissau, Maria tint le ménage de son père et s’occupa du soin de l’église.

  Depuis la mort de son père, en 1947, elle vit seule dans sa maison paternelle. Pour parfaire ses modestes ressources, elle s’occupe de jardinage. Elle vit ainsi dans la pauvreté, et des braves gens lui viennent en aide.

  Ses trois séjours au couvent l’ont formée et l’ont fait progresser au point de vue spirituel, la préparant ainsi à son apostolat en faveur des âmes du purgatoire.

  Sa vie spirituelle est caractérisée par un amour filial à l’égard de la Très Sainte Vierge et par le désir de secourir les âmes du purgatoire, mais aussi d’aider par tous les moyens les Missions.

  Elle a voué sa virginité à la Très Sainte Vierge et a fait la consécration à Marie de Saint Grignon de Montfort, en faveur des défunts surtout ; elle s’est aussi offerte à Dieu par vœu comme âme victime (victime d’amour et d’expiation).

  Maria Simma a maintenant, semble-t-il trouvé la vocation que Dieu lui a assignée : aider les âmes du purgatoire par la prière, la souffrance expiatoire et l’apostolat.

  A l’époque du nazisme _ elle a continué depuis _ elle a aidé bénévolement à préparer les enfants à la confession et au catéchisme de première communion ; elle leur donne une instruction religieuse complémentaire. Elle fait preuve, dans l’accomplissement de cette tâche, d’un vrai talent et d’un grand savoir-faire.

AIDES AUX ÂMES DU PURGATOIRE

  Dès son enfance, Maria Simma est venue en aide aux âmes du purgatoire par ses prières et en gagnant pour elles des indulgences.

  A partir de 194, des âmes du purgatoire vinrent parfois lui demander le secours de ses prières.

  A la Toussaint 1953 elle commença à aider les défunts par des souffrances expiatoires.

  Maria dut endurer de grandes douleurs pour un officier mort en Carinthie en 1660. Ces douleurs correspondaient aux péchés à expier.

  Pendant la semaine des Trépassés, les âmes du purgatoire reçoivent parait-il des faveurs, grâce à la miséricorde de la T. S. Vierge. Le mois de novembre semble également être pour elles un temps de grâces particulièrement abondantes.

  Maria était heureuse de voir le mois de novembre terminé ; mais ce n’est qu’en la fête de l’Immaculée (8 déc.) que commença vraiment sa mission.

  Un prêtre de Cologne, mort en 555, se présenta à elle, l’air désespéré. Il venait lui demander des souffrances expiatoires, mais il fallait qu’elle les accepte tout à fait librement, faute de quoi il devrait souffrir jusqu’au jugement dernier. Elle acquiesça et ce fut pour elle une semaine de terribles douleurs. Toutes les nuits, cette âme venait la charger de nouvelles souffrances. C’était comme si on lui avait disloqué tous les membres. Cette âme l’oppressait, l’écrasait pour ainsi dire, et toujours, de toutes parts, de nouveaux glaives s’enfonçaient en elle avec violence. Une autre fois, c’était comme si on appuyait sur elle une lame émoussée qui, se brisant et se courbant sous l’effet de a résistance, se serait enfoncée dans toutes les parties de son corps. Cette âme devait expier des meurtres (elle avait participé au martyre des compagnes de sainte Ursule), sa défaillance dans la foi, des adultères et des messes sacrilèges.

  Et toujours de nouvelles âmes venaient demander son secours.

  Les souffrances expiatoires qu’elle subissait pour les avortements, l’impureté étaient de terribles douleurs corporelles et d’affreux haut-le-cœur (nausées).

  Puis il semblait qu’elle gisait, des heures durant, entre des blocs de lace ; le froid la pénétrait jusqu’aux moelles ; c’était l’expiation de la tiédeur et de la froideur au point de vue religieux.

  Après le terrible cas du prêtre de Cologne, elle dut se charger encore de six âmes qui ne pouvaient être délivrées que par des souffrances librement acceptées. Elle pourrait ensuite, par la miséricorde de la Mère de Dieu, délirer beaucoup plus facilement nombre d’autres âmes.

  Ces âmes vinrent pendant la première moitié de l’année. L’une appelée Berthe était Française, morte en 1740, une autre était Viennoise, morte en 1810. Il y avait encore une prostituée venant d’Italie, deux demoiselles d’Innsbruck tuées lors d’un bombardement, et un prêtre italien. Il en vint entre temps beaucoup d’autres que des souffrances plus légères et la prière pouvaient délivrer.

  Bien que cela lui parût parfois pénible, Maria Simma avait pris sur elle tous ces sacrifices. Ce fut parfois si dur qu’elle n’aurait pu le supporter par ses seules forces.

  En août 1954 commença une nouvelle manière d’aider les âmes. Un certain Paul Gisinger de Koblach s’annonça à elle, la priant de demander à ses sept enfants, dont il indiqua les noms, de donner pour lui 100 schillings pour les Missions et de fonder deux messes, moyennant quoi il serait délivré. En octobre, des demandes du même genre : sommes plus petites ou plus grandes en faveur des Missions, honoraires de messes, récitation du rosaire, se renouvelèrent une quarantaine de fois encore. Les âmes s’annonçaient toujours personnellement et spontanément, sans que Maria les questionnât.

  En ce même mois d’octobre 1954, une âme du purgatoire, lui dit que durant la semaine des Trépassés elle pouvait poser des questions au sujet de toutes les âmes que leur parenté serait disposée à aider en leur accordant les secours nécessaires.

  D’autre part, Maria Simma avait, auparavant déjà, questionné et obtenu des réponses concernant certaines âmes. Elle put accepter de se charger de leur poser des questions jusqu’au 20 novembre. Elle recevrait une réponse avant la fi de l’année mariale. En octobre et en novembre et jusqu’à l’Immaculée (8déc.) il vint chaque nuit des âmes pour lesquelles elle devait soit prier soit souffrir. Au début, elle devait faire elle-même toutes les prières. Mais comme les demandes devenaient trop nombreuses, elle put également requérir l’aide d’autres personnes, disposées à faire consciencieusement les prières. Pour les prêtres les prières devaient être faites par des prêtres. Après la clôture de l’année mariale, Maria connut quelques jours de tranquillité. Puis, les âmes recommencèrent à s’annoncer ; même des âmes dont elle put prendre et prit de plein gré sur elle les souffrances selon qu’elle le jugeait bon et en était capable.

COMMENT APPARAISSENT LES ÂMES DU PURGATOIRE ?

  Les âmes du purgatoire apparaissent sous diverses formes et de différentes manières. Certaines frappent, d’autres se trouvent  là soudain. Les unes se montrent sous apparence humaine, nettement visible comme au temps de leur vie mortelle, le plus souvent revêtues de leurs des jours d’œuvre ; d’autres en revanche sous une forme floue. Les âmes qui sont enveloppées du terrible feu du purgatoire font une impression effroyable. Plus elles sont purifiées par leurs souffrances, lus elles deviennent lumineuses et affables. Souvent, elles racontent comment elles ont péché et comment elles ont échappé à l’enfer grâce à la miséricorde divine ; il n’est as rare qu’elles ajoutent à leurs déclarations des enseignements et des exhortations.

   Pour d’autres âmes, Maria Simma sent qu’elles sont présentes et qu’elle doit prier et souffrir pour elles. Pendant le carême, les âmes ne se manifestent que pour demander à Maria de souffrir pour elles, la nuit et même le jour.

  Il arrive aussi que des âmes du purgatoire apparaissent sous des formes extraordinaires, qui font peur. Parfois, elles parlent comme durant leur vie, dans leur dialecte. Celles qui sont de langues étrangères parlent un mauvais allemand avec un accent étranger, donc d’une manière tout à fait personnelle à chacune.

COMMENT FAUT-IL JUGER CES APPARITIONS ?

  Ces apparitions sont-elles vraies ? Sont-elles au contraire le fruit d’imagination ? Des rêveries provoquées artificiellement par des désirs ou des lectures ? Des rêveries provoquées artificiellement par des désirs et des lectures ? Divers faits en garantissent la réalité comme celle des souffrances expiatoires. Voici les faits :

  1. Maria Simma a désiré, dès a tendre enfance, aider les âmes du purgatoire ; elle a mis un grand zèle également à gagner les indulgences attachées à certains jours et récité pour les âmes nombre de prières indulgenciées. Mais ce n’est que lorsque cela lui est arrivé qu’elle a su qu’elle pouvait aussi expier pour les âmes en souffrant pour elles.

Ces souffrances expiatoires sont pénibles comme le purgatoire. Il lui a fallu tout son esprit de sacrifice et la conscience du vœu qu’elle avait fait, pour accepter volontairement de souffrir ainsi en faveur d’autres. Elle demanda un jour s’il ne serait pas possible que les âmes vinssent moins souvent, pour qu’elle eût aussi le sommeil nécessaire, faute de quoi elle ne pourrait plus faire son travail. Il lui fut répondu qu’elle avait fait vœu d’abandon total, comme âme victime. N’avait-ce été là qu’un semblant ? qu’une pieuse rêverie ? Si la Mère de Dieu la prenait au mot, elle devait l’accepter. De plus elle devait mieux cuisiner et manger davantage : elle tiendrait mieux le coup. L’homme peut supporter davantage qu’il ne croit. On lui assura que les âmes du purgatoire l’aideraient à accomplir sa tâche quotidienne.

  Maria Simma distingue nettement entre ce qui lui apparaît en songe et ce qui lui arrive à l’état de veille. Les âmes la réveillent, lui adressent la parole ; elles lui arrivent avec leurs souffrances. Il n’est pas rare qu’elle doive même souffrir au cours de la journée, tandis qu’elle vaque à ses travaux et à ses occupations. La preuve qu’il ne s’agit pas de maladies ordinaires, c’est que ces souffrances lui sont parfois annoncées et qu’elles cessent immédiatement, une fois écoulé le nombre d’heures fixé.

  Maria Simma m’a souvent dit combien il lui tardait que l’année mariale fût terminée, tant cela lui pesait. Des âmes du purgatoire l’ont plusieurs fois réprimandée, li disant qu’elle devait se charger de tout ce que Dieu lui envoyait.

2. On a souvent exprimé le désir de pouvoir observer Maria Simma la nuit, sans être aperçu d’elle pour voir s’il y avait « quelque chose ». C’est ce qu’on fait, poussé par la curiosité, quelques jeunes gens, F.N. ; A.N. ; W.B. ; E.B. ; et en partie une jeune file K.B., croyant à une supercherie. Les deux nuits avant l’Immaculée Conception, en 1954, ils grimpèrent, au moyen d’une échelle, jusqu’au petit balcon de fleurs placé devant la fenêtre ouverte de la chambre de Maria Simma. Ils entendirent Maria gémir sourdement et pleurer au milieu de ses souffrances ; ils la virent chercher son mouchoir pour essuyer ses larmes ; ils entendirent parler avec les âmes du purgatoire, poser des questions ; ils la virent prendre des notes. Les observateurs n’entendirent rien, ne virent rien des âmes, mais depuis ils cessèrent de rire et de se moquer des apparitions d’âmes du purgatoire. Ils avaient réfléchi !

  Le plus âgé de ces jeunes gens m’a raconté ses impressions et ses observations.

  Maria Simma apprit par une âme du purgatoire qu’on l’avait épiée durant deux nuits, mais que cela avait été pour le bien des « espions ». Quand elle sut qu’ils n’avaient rien vu ni entendu elle demanda à une âme comment cela se faisait. Voici la réponse : « Ces jeunes gens sont encore en vie. » _ « Mais moi aussi je suis encore en vie, objecta Maria Sima et pourtant je vous entends. »

L’âme : « Toi, tu es des nôtres. Nous sommes dans les ténèbres. Le chemin qui conduit à toi est lumineux. »

Maria Simma : Et si je ne vous recevais pas ?

L’âme : Nous pouvons t’y forcer, grâce à la miséricorde de Dieu, car tu es des nôtres.

Maria Simma : Que signifient ces mots : « Tu es des nôtres ? »

L’âme : Par ton vœu, tu t’es donné spécialement à la Mère de miséricorde. Elle t’a donné à nous et c’est pourquoi le chemin qui va à toi est lumineux pour tant d’âmes.

Tu fais bien de nous recevoir avec empressement, par amour et par compassion. Tu peux ainsi nous délivrer plus rapidement, tout en souffrant moins ; tu en reçois plus de grâces et de mérites et tu peux en apprendre davantage sur le compte des âmes dont tu t’informes. »

3. On peut vérifier la réalité des faits en constatant l’exactitude des indications données par Maria Simma au sujet d’âmes. Ces indications devaient être transmises à leur parenté. La plupart de ces cas étaient parfaitement inconnus de Maria. Dans le rapport adressé à Monseigneur Tschann figurent de longues listes de noms de défunts avec leurs demandes. J’ai envoyé la plus grande partie de ces indications aux curés pour examen, en les priant de faire suivre, au cas où ces indications seraient conformes à la réalité. Pour les cas soulignés dans mon rapport on m’a répondu que les indications étaient exactes.

4. Dans les faits indiqués par les âmes, pour lesquelles Maria a dû supporter des souffrances expiatoires, j’ai pu relever certaines circonstances dont elle ne pouvait rien savoir, vu sa formation.

  Tel est le cas par exemple du prêtre de Cologne qui avait coopéré au martyre de sainte Ursule et ses compagnes.

  Lors de la catastrophique avalanche de janvier 1954, des âmes du purgatoire ont dit qu’il y avait encore des victimes ensevelies vivantes sous la neige. La dernière fut retrouvée vivante à Blons deux jours plus tard. D’autres catastrophes qui se produisirent a cours de l’année mariale lui furent également prédites.

  Elle m’a annoncé deux jours avant que les journaux en parlent, l’inondation qui eut lieu durant l’été 1954. Des âmes lui en avaient parlé.

5. Rien de compliqué, rien de tendu dans le caractère de Maria Simma. Depuis qu’elle a commencé à endurer des souffrances expiatoires, elle donne l’impression d’un calme et d’une égalité d’humeur beaucoup plus grands qu’auparavant. Après la fin de l’année mariale, elle ressentit la fatigue des derniers mois précédant l’Immaculée Conception. Elle éprouva un grand besoin de sommeil, ce qui serait bien le cas pour tout être normal placé dans les mêmes circonstances.

6. Ce que Maria a appris par l’entremise des âmes, ce qu’elle a vu pour son instruction et son réconfort au milieu de ses plus grandes souffrances concernant le temps présent, ses besoins, ses dangers, leurs remèdes, concorde entièrement soit avec les enseignements de la foi sur la justice et la miséricorde divine, soit avec la doctrine du purgatoire, soit avec les jugements et directives de l’autorité ecclésiastique.

7. Le fait que Maria Simma a pu poser des questions et recevoir des réponses concernant des âmes, a fait naître des doutes. On a raison de craindre que les gens curieux ne travestissent les faits par besoin de sensationnel.

  Ce furent tout d’abord une personne ou l’autre, qui prièrent Maria Simma de questionner des âmes à propos des défunts de leur parenté. A la mi-octobre, il lui fut annoncé que durant la semaine des Trépassés elle pourrait poser des questions pour toutes les âmes dont les parents entreprendraient et accompliraient les bonnes œuvres dont elles avaient besoin. Sans aucun doute, il est agréable à Dieu que la parenté s’inquiète de ses défunts. Ais Maria apprit qu’il y a aussi, en purgatoire, des âmes auxquelles elle pouvait s’intéresser, sans toutefois y être obligée. Il s’agissait, la plupart du temps, d’âmes qui se trouvaient au plus bas degré du purgatoire. Par un dessein spécial de la pitié de la Mère de miséricorde, ces âmes pouvaient demander à Maria Sima leur délivrance. Il lui fut déclaré mot à mot ceci :

« Elles doivent t’informer que tu n’es pas obligé de t’intéresser à elles, mais que tu le peux. Oui, pour un certain nombre d’entre elles, tu dois même demander par la prière, de pouvoir t’en charger. Si tu écartes ces âmes-là, tu n’es coupable d’aucune faute, et elles n’ont as le droit de t’importuner une seconde fois. Mais si tu t’en charges avec empressement, tu recevras de plus grandes grâces, et nous pourront te donner davantage de renseignements concernant les défunts. » Il ne s’agit donc pas là d’impression, mais de grâces pour les âmes. Ce n’est que lorsqu’on questionnait par pure curiosité _ on a même voulu le faire au sujet d’Hitler et de Staline _ qu’elle ne recevait pas de réponse ou essuyait un refus.

  En novembre 1954 le bruit se répandit qu’on pouvait poser des questions. Beaucoup vinrent, même de loin ; ils n’arrivèrent qu’une fois le délai écoulé.

  On n’observa pas toujours, ni partout, la discrétion nécessaire. Cela donna lieu à des commérages. On colporta le vrai et le faux. Deux cas surtout choquèrent et firent parler. Un aubergiste de S. était mort subitement en octobre 1954. Au point de vue religieux, ce n’était ni un pratiquant zélé, ni un catholique spécialement militant. Aux questions posées à son sujet, voici quelle fut la réponse : les messes qu’on faisait célébrer pour lui ne lui étaient pas d’un grand secours parce qu’il assistait à la messe avec indifférence, durant sa vie.

  Plus tard, il fut répondu à Maria Simma qu’un don de 3000 schillings en faveur des Missions pouvait le délivrer. Le frère et la femme du défunt prièrent beaucoup pour que sa délivrance eût lie encore au cours de l’année mariale. Ils se chargèrent également du don exigé. Bientôt après, le défunt fut délivré, parce que souvent, dans les conversations, il avait défendu la religion et la virginité de Marie. Le cas n’étant connu qu’imparfaitement du public, beaucoup furent choqués de cette délivrance et trouvèrent que le purgatoire n’était pas chose si terrible.

  Le second cas montre aussi comment, en de telles occasions, Dieu permet les mesquineries humaines, tant pour nous mettre à l’épreuve que pour nous avertir. Il s’agit d’un accident de la circulation dont fut victime l’administrateur d’un couvent de religieuses à B. Les Sœurs de ce couvent posèrent des questions à Maria Simma. Elle leur déclara qu’il était délivré. Plus tard, elle chercha la feuille sur laquelle elle notait les réponses durant la nuit. Il y était écrit qu’il n’était pas encore délivré.

  Entre temps, la première nouvelle avait filtré jusqu’à B. Elle y créa de l’émotion car l’administrateur était vilainement calomnié. Maria Simma demanda à une âme si elle était coupable, du fait qu’en lisant et en donnant la réponse la première fois, la négation « ne… pas » lui avait échappé. Cette âme lui répondit : « D’une part tu es coupable parce que tu as mis trop de hâte ; d’autre part, c’est le démon qui s’en est mêlé, lui aussi. Mais cela a eu du bon. Il faut que les gens sachent que dans ces questions-là, le silence est tout à fait nécessaire. Voilà pourquoi ce fut permis. Ce fut aussi une humiliation pour toi, et elle t’a été bonne. Tu ne sais pas combien de temps tu recevras des réponses. Cela dépend des personnes, s’ils savent se taire ou non. Il y a bien plus de mérite à assumer le parrainage d’une âme, c’est-à-dire, être prêt à faire des sacrifices pour délivrer une âme inconnue qui porte tel nom de baptême.

  Dès la Chandeleur (2 février) Maria Simma n’eut plus autant de réponses ; parfois, il en venait pour deux, trois ou quatre âmes à la fois, si bien qu’on ne savait pas de quoi avait besoin chacune d’elles. Il fallait cela pour lutter contre la curiosité. On restreint ainsi le nombre des questions et l’on ôte le goût du sensationnel. Il fallait, en gardant le silence qui convient, empêcher cette modeste source de grâces qu’est l’aide aux âmes du purgatoire, de tarir, si la Mère de Dieu désirait accorder ce secours à maintes âmes.

MAUVAIS TOURS DU DÉMON

  De même que le démon sema la confusion dans le cas de l’administrateur du couvent, il vint assez souvent chez Maria Simma pour l’effrayer et la détourner de sa mission expiatrice. Il se présentait parfois sous les traits d’un ange de lumière. Une fois même, ce fut sous les traits du curé Reisch de Nenzing, qui avait été autrefois le confesseur de Maria ; puis sous ceux du chanoine Sattler, aumônier de l’institut Saint-Joseph ; puis de la Sœur supérieure des Sœurs du Cœur de Jésus à Hall. Le pseudo-chanoine voulait presque faire de Maria Simma une sainte et lui inspirer de renoncer à son vœu de don total à Marie ; à quoi elle reconnut que c’était Satan déguisé. Elle le chassa en lui disant : « Si tu es le démon, je te l’ordonne au nom de Jésus, retire-toi. » Puis elle jeta de l’eau bénite… Tout avait disparu.

  Cela alla particulièrement mal durant la Semaine sainte de 1954. De fait, la Mère de Dieu avait annoncé à Maria Simma que cette semaine lui apporterait de grands sacrifices, de grandes épreuves et qu’elle devait les supporter seule. Maria a noté à ce propos : « Du 10 au 17 avril 1954 le démon me tint presque entièrement sous son pouvoir. Je croyais être en enfer plutôt que sur la terre. Le diable alléguait comme motif que j’avais souvent fait de mauvaises confessions et communions. J’aurais, disait-il, commis une fois une faute grave et passé là-dessus avec indifférence. Je répondis : « Je ne sais rien de cela. » Mais le démon rétorqua : « Ta conscience est si endormie que tu n’en est que davantage à ma disposition. Les apparitions d’âmes sont des illusions qui viennent de nous ; aucune de ces âmes n’est délivrée. Nous te l’avons dit souvent déjà. Dans ta sottise, tu n’y a pas fait attention. Mais tu vas sentir amèrement qu’il en est ainsi. » Il voulait, disait-il, parce que j’étais tombée en enfer par sottise, avoir pitié de moi et ne pas m’y assigner la place où l’on souffrait le plus. Bref, je croyais déjà être en enfer.

  De temps en temps, le démon faisait un bruit effrayant, comme si la maison s’écroulait entièrement ou était en feu. Ou bien une flamme jaillissait dans ma chambre, ou alors c’était comme le bruit d’une explosion.

  Une âme du purgatoire me consola : « Ne t’étonne pas d’avoir à souffrir de la part de l’Ennemi. Le tentateur peut aussi torturer, cruellement même, des âmes qui sont en purgatoire, non point pour les anéantir, mais pour les purifier. Ce n’est pas par colère, mais par miséricorde, que Dieu le permet, car ces âmes sont non pas des « vases de colère » mais des « vases de miséricorde », réservés pour l’éternelle splendeur. Je t’en avertis, Satan est animé contre toi d’une grande fureur. Il cherche à te déconcerter autant qu’il peut. S’il pouvait te torturer autant qu’il le voudrait, il te réduirais en miettes. Tu ne pourrais ni garder, ni lire aucun écrit, dont le contenu soit une aide pour les âmes du purgatoire. Il ne peut te faire que ce que Dieu permet car tu es sous la protection spéciale de la Mère de Dieu, qu’il craint comme l’épée, mais il cherche toutes les occasions de se venger de toi. Il voudrait en arriver à te faire, dans ton désarroi et ton angoisse, renoncer à ton vœu d’abandon à la Sainte Vierge, pour rompre ainsi les relations entre toi et les âmes du purgatoire. Je t’en préviens : il a déjà agi ainsi envers d’autres âmes ; il en a même entraîné en enfer. Ces âmes réprouvées n’auraient que trop de joie à le voir en faire autant avec toi. Pas de peur, pas d’angoisse ! Sois humble ! Plus tu seras modeste, moins l’Ennemi aura de prise sur toi. Nous t’aidons, nous aussi ; mais c’est la Mère de miséricorde qui t’aidera tout particulièrement. Du 2 décembre 1954 à 21 heures, au lendemain à 4 h.30 je ressentis de très vives brûlures. Personne autour de moi ! Je me sentais très abandonnée. De temps à autre j’entendais un bruit infernal ; j’en éprouvais chaque fois une vive frayeur. Une voix diabolique me criait alors : « Bientôt nous viendront te chercher, crétine ! » C’était affreux, presque désespérant. Le plus effrayant c’était que j’avais le sentiment d’être abandonnée de Dieu même, de ne pas pouvoir prier et de me sentir comme la proie du démon. Le matin à 4 h. 30 toute sensation de brûlure disparut soudain, avec la terrible peur de l’enfer. »

L’ATTITUDE DE LA POPULATION

  Quand on sut l’aide qu’apportait Maria Sima aux âmes du purgatoire, il y eut des remous au sein de la population. C’était là quelque chose de nouveau, d’étrange. On disait que personne n’était jamais revenu de l’au-delà. Bien des gens crurent spontanément ; d’autres furent plus réservés, d’autres encore nièrent tout. Beaucoup voulaient avoir des éclaircissements au sujet de leurs défunts et faisaient parvenir d’abondants secours pour les âmes. Maintenant encore, ils manifestent beaucoup de zèle, disant qu’il faut donner de l’aide quand on le peut ; que les pauvres âmes en ont besoin ; qu’après leur mort ils seront contents eux aussi, si on leur vient en aide et s’ils sont assurés de cette grâce par leurs bonnes œuvres.

  A d’autres cela fait prendre conscience qu’il y a une éternité ; cela les ébranle, crée en ex un sentiment d’inquiétude. D’autres enfin pensent que, si ce n’était pas Maria Simma qui est en cause, ils croiraient plus facilement ; mais elle est, à leurs yeux, trop simple, trop pauvre, trop peu considérée.

POURQUOI DES DONS EN ARGENT ?

  Il est des gens que le fait d’exiger, pour aider les âmes, des dons en faveur des Missions, ou pour faire célébrer des messes, a déconcertés. Maria Simma n’a accepté aucun argent à cet effet. L’argent qu’on lui a remis a toujours été versé à la cure. Si l’on doit, pour certaines âmes, offrir des dons en argent, c’est tout d’abord parce que, en faisant des aumônes pour une bonne œuvre, on peut aider beaucoup d’âmes du purgatoire. Or à notre époque, l’aide aux Missions est une œuvre particulièrement bonne, parce que les besoins des pays de missions sont grands et que si on les aide en conséquence, grande aussi sera la moisson, surtout en Amérique du sud. Tout homme a le devoir d’aider les Missions ; mais ce devoir, beaucoup l’ont négligé durant leur vie. Ensuite, maintes âmes ont encore à expier, à cause de dettes qu’elles n’ont pas payées ou d’un testament injuste, ou pour quelque autre injustice non réparée.

  Que de personnes fassent parvenir à Maria Simma quelque argent pour ses frais de port, on ne saurait le considérer comme répréhensible. De son côté, Maria Simma ne demande rien et fait tout gratuitement.

Elle a bien le droit d’accepter une aumône, dans l’état de pauvreté qui est le sien, car son travail en faveur des âmes l’accapare sans cesse.

LA VISION DU PURGATOIRE

Le purgatoire est en bien des endroits, a répondu un jour Maria Simma. « Les âmes ne viennent pas « hors » du purgatoire, mais « avec » le purgatoire. » Maria Simma a vu le purgatoire de diverses manières : une fois ainsi, une fois autrement. Il y a une foule immense d’âmes en purgatoire ; c’est un continuel va-et-vient. Elle vit un jour un grand nombre d’âmes absolument inconnues d’elle. Celles qui avaient péché contre a foi portaient sur le cœur une flamme sombre ; d’autres qui avaient péché par impureté, une flamme rouge.

  Puis elle vit les âmes par groupes : prêtres, religieux, religieuses ; elle vit des catholiques, des protestants, des païens. Les âmes des catholiques ont  souffrir davantage que celles des protestants. Les païens en revanche ont un purgatoire encore plus doux, mais ils reçoivent aussi moins de secours et leur peine dure plus longtemps. Les catholiques en reçoivent davantage et sont plus vite délivrés.

  Elle vit aussi beaucoup de religieux et de religieuses condamnés au purgatoire à cause de leur tiédeur et de leur manque de charité. Des enfants d six ans seulement peuvent avoir assez longtemps souffrir en purgatoire.

  La merveilleuse harmonie qui existe entre l’amour et la justice divines en purgatoire fut révélée à Maria Simma. Chaque âme est punie selon la nature de ses fautes et le degré d’attachement au péché qu’elle a eu en le commettant.

  L’intensité des souffrances n’est pas la même pour chaque âme.

  D’aucunes ont à souffrir comme on souffre sur la terre au cours d’une vie pénible et doivent attendre pour contempler Dieu. Un jour de purgatoire rigoureux est plus terrible que dix ans de purgatoire léger.

  La duré des peines est très variable. Le prêtre de Cologne demeura en purgatoire de l’an 555 jusqu’à l’Ascension 1954 ; et s’il n’avait pas été délivré par les souffrances acceptées par Maria Simma, il aurait dû souffrir longtemps encore et terriblement. Il est aussi des âmes qui doivent souffrir durement jusqu’au jugement dernier. D’autres ont une demi-heure de souffrances à supporter, ou moins encore : elles ne font que « traverser le purgatoire au vol », pour ainsi dire.

  Le démon peut torturer des âmes du purgatoire, surtout celles qui sont la cause que d’autres sont damnées.

  Les âmes du purgatoire souffrent avec une patience admirable et louent la miséricorde divine grâce à laquelle elles ont échappé à l’enfer. Elles savent qu’elles ont mérité de souffrir et regrettent leurs fautes. Elles supplient Marie, Mère de miséricorde.

  Maria Simma vit aussi beaucoup d’âmes qui attendaient le secours de la Mère de Dieu.

  Quiconque pense durant sa vie que le purgatoire est peu de chose et s’en prévaut pour pécher, doit expier durement.

COMMENT PEUT-ON VENIR EN AIDE AUX ÂMES DU PURGATOIRE ?

                                                                                                       

Surtout par le Saint Sacrifice de la messe, que rien ne saurait remplacer.

Par des souffrances expiatoires : toute souffrance physique ou morale offerte pour les âmes, leur apporte un grand soulagement.

Le rosaire est, après le Saint Sacrifice de la messe, le moyen le plus efficace d’aider les pauvres âmes. Par le rosaire nombre d’âmes sont délivrées chaque jour, qui aurait dû, autrement, souffrir e longues années encore.

Le chemin de la croix peut leur apporter aussi un grand adoucissement.

Les indulgences sont d’une valeur inestimable, disent les âmes. Elles sont une appropriation de la satisfaction offerte par Jésus-Christ à Dieu son Père. Quiconque, au cours de sa vie terrestre, gagne beaucoup d’indulgences pour les défunts, recevra aussi plus que d’autres à sa dernière heure : la grâce de gagner entièrement l’indulgence plénière accordée à tout chrétien à l’article de la mort. C’est une cruauté de ne pas mettre à profit ces trésors de l’Eglise pour les âmes des défunts. Voyons ! Si l’on se trouvait devant une montagne de pièces d’or et qu’on eût la possibilité d’en prendre à son gré pour secourir un pauvre malheureux, incapable de les prendre de lui-même, ne serait-il pas cruel de lui refuser ce service ? En maintes localités l’usage des prières indulgenciées diminue d’année en année, même dans nos régions. On devrait exhorter davantage les fidèles à cette pieuse pratique.

Les aumônes et les bonnes œuvres, surtout les dons en faveur des Missions aident les âmes du purgatoire.

Faire brûler des cierges les aide également, d’abord parce que c’est une attention et un acte d’amour à leur égard, puis parce que les cierges sont bénits et éclairent les ténèbres où se trouvent les âmes.

Un enfant de 11 ans de Kaisers, demanda à Maria Simma de prier pour lui. Il était en purgatoire pour avoir, le jour des Trépassés, éteint sur le cimetière toutes les lumières qui brûlaient sur les tombes et en avoir volé la cire pour s’amuser. Les lumières bénites ont beaucoup de valeur pour les âmes.

Le jour de la Chandeleur, Maria Simma dut allumer deux cierges pour une âme pendant qu’elle supportait pour cette même âme des souffrances expiatoires.

Jeter de l’eau bénite adoucit les souffrances des défunts. Un jour, en passant, Maria Simma jeta de l’eau bénite pour les âmes. Une voix lui dit : « Encore ! »

  Tous ces moyens n’aident pas les âmes dans la même mesure. Si pendant la vie quelqu’un a eu peu d’estime pour la messe, la messe lui profite peu quand il est en purgatoire. Si quelqu’un a manqué de cœur au cours de sa vie, il reçoit peu d’aide. Ceux qui ont péché en diffamant les autres doivent l’expier durement aussi. Mais quiconque a eu bon cœur de son vivant, reçoit beaucoup d’aide. Une âme qui avait négligé l’assistance à la messe put demander huit messes pour son soulagement, parce qu’elle avait, durant sa vie mortelle, fondé huit messes pour une âme du purgatoire.

MARIE ET LES ÂMES DU PURGATOIRE

  Marie est pour les âmes du purgatoire, la Mère de miséricorde. Quand son nom retentit en purgatoire, les âmes en éprouvent une grande joie. Une âme a dit, le jour de l’Assomption, qu’à sa mort Marie avait demandé à Jésus la délivrance de toutes les âmes qui se trouvaient en purgatoire, que Jésus avait exaucé cette prière de sa Mère et que le jour de l’Assomption ces âmes avaient accompagné Marie au ciel, parce qu’elle avait été alors couronnée comme Mère de Miséricorde et Mère de la grâce divine. Au purgatoire, Marie distribue les grâces selon la volonté divine ; elle passe souvent par le purgatoire. Voilà ce qu’a vu Maria Simma.

LES ÂMES DU PURGATOIRE ET LES MOURANTS

  Dans la nuit de la Toussaint une âme lui dit :

« Aujourd’hui, jour de la Toussaint, mourront au Vorarlberg deux personnes qui sont en frand danger de damnation. Elles ne peuvent être sauvées que si l’on prie avec insistance pour elles. »

  Maria Simma pria ; elle fut aidée par d’autres personnes encore. La nuit suivante, une âme lui dit que les deux avaient échappé de l’enfer et étaient arrivées en purgatoire. L’un des deux malades s’était tout de même fait administrer en fin de compte ; l’autre avait refusé les derniers sacrements. Selon les dires des âmes du purgatoire, beaucoup iraient en enfer parce qu’on prie trop peu pour eux. I, matin et soir, on récitait cette prière indulgenciée et trois ave, pour ceux qui ont mourir le jour même, « O très miséricordieux Jésus, brûlant d'amour pour les âmes, je vous en supplie par l'agonie de votre Coeur très saint, et par les douleurs de votre Mère immaculée, purifiez dans votre Sang les pécheurs du monde entier, qui sont en ce moment à l'agonie et doivent mourir aujourd'hui. Ainsi soit-il. Coeur agonisant de Jésus, ayez pitié des mourants. », on pourrait sauver beaucoup d’âmes de l’enfer.

Maria Simma vit un jour des âmes nombreuses sur la balance, entre l’enfer et le purgatoire.

INSTRUCTIONS

  Les âmes du purgatoire se soucient beaucoup de nous et du Royaume de Dieu. On en a la preuve par certains avis qu’elles ont donnés à Maria Simma. Ceux qui suivent sont tirés de ses notes : « Il ne faut pas se lamenter sur les temps mauvais que nous traversons. Il faut dire aux parents qu’ils sont les principaux responsables. Les parents ne peuvent pas rendre un plus mauvais service à leurs enfants, que d’acquiescer à tous leurs désirs, de leur donner ce qu’ils veulent, simplement pour qu’ils soient contents et qu’ils ne crient pas. L’orgueil peut ainsi prendre racine dans le cœur de l’enfant.

  Plus tard, quand l’enfant commence l’école, il ne sait ni faire un Pater, ni même faire le signe de la croix. De Dieu, il ne sait parfois absolument rien. Les parents se disculpent en disant que c’est là le devoir des catéchistes et des maîtres de religion.

  Là où l’enseignement religieux ne commence pas dès la plus tendre enfance déjà, la religion ne tient pas, plus tard.

  Apprenez  l’enfant le renoncement ! Pourquoi aujourd’hui cette indifférence religieuse ? Cette décadence morale ?  Parce que les enfants n’ont pas appris le renoncement ! ls deviennent plus tard des mécontents et des hommes sans retenue, qui prennent part à tout et qui veulent tout avoir à gogo. C’est là ce qui provoque tant de débordement sexuel, de pratiques anticonceptionnelles et d’assassinats dans le sein maternel. Ces enfants qui ne sont pas nés crient vengeance au ciel. En bien des endroits, leur nombre dépasse celui des naissances. La loi contre ‘avortement doit devenir plus sévère.

  On voit déjà des filles de 14 ans se livrer déjà à des manœuvres abortives. Tout médecin qui, au cours de consultations, découvre un avortement, a le devoir de l’annoncer aux autorités compétentes, sous peine d’encourir une lourde responsabilité.

  Qui n’a pas appris comme enfant à se renoncer, devient égoïste, sans amour, tyrannique. C’est pourquoi il y a aujourd’hui tant de haine et de manque de charité. Veut-on avoir des temps meilleurs ? Qu’on commence par éduquer les enfants.

  On pèche d’une manière effrayante contre l’amour du prochain, surtout par médisance, tromperie et calomnie. Où cela commence-t-il ? Dans les pensées. Il faut apprendre et cela dès l’enfance à chasser immédiatement les pensées contraires à la charité. Que l’on combatte immédiatement toutes les pensées contraires à la charité et l’on ne jugera pas les autres sans charité.

  Pour tout catholique, l’apostolat est n devoir. Les uns l’exercent par profession, d’autres par le bon exemple. On se plaint que beaucoup sont corrompus par des discours contre la morale ou contre la religion. Pourquoi donc les autres se taisent-ils ? Les bons doivent aussi défendre leurs convictions, se déclarer chrétiens. Au cours de l’histoire de l’Eglise, le salut des âmes et de la civilisation chrétienne ont-ils jamais été, pour les laïcs, un devoir plus urgent et plus impérieux que de nos jours ? Tous les chrétiens devraient se remettre à chercher le Royaume de Dieu et à le faire progresser, sinon, les hommes ne seront plus à même de reconnaître le gouvernement de la Providence. Le souci de l’âme ne doit pas être étouffé par un souci exagéré du corps.

  Le 22 juin 1955, pendant la nuit, Maria Simma entendit distinctement : « Dieu exige une expiation ! » C’est par des sacrifices volontairement acceptés et par la prière, que l’on peut expier beaucoup. Mais si on ne les accepte pas de plein gré, ces sacrifices, Dieu les exigera ar la force. Car il faut une expiation.

CONCLUSION

  En résumé, il s’agit dans le cas de Maria Simma, d’une vocation spéciale en faveur des âmes du purgatoire. Cela est clairement exprimé dans une note du 21 novembre 1954. On y lit ceci :

« Je me suis demandé souvent déjà, comment je pourrais envoyer à une personne une âme du purgatoire. Je me disais : pourquoi ne s’adressent-elles pas directement à leur parenté ? Ce serait pour moi beaucoup plus simple que de devoir moi, l’annoncer. Une âme vint alors ; elle m’adressa cette sévère réprimande : « Ne pèche pas contre les décisions divines ! Dieu distribue ses grâces à qui il veut. Jamais tu n’auras le pouvoir d’envoyer une âme chez une autre personne. Ce n’est pas à cause de tes mérites que Dieu t’accorde cela à toi. Si l’on considère les mérites, beaucoup d’autres mériteraient cela mieux que toi. A côté des saints qui ont fait sur terre des grands miracles, il y en a eu de plus grands encore, cachés, qui n’avaient pas ce pouvoir, mais qui ont atteint cependant une sainteté plus grande encore que ceux à qui Dieu avait donné ce pouvoir. Il ne faut pas l’oublier : De celui qui reçoit le plus de grâces on exige davantage aussi. Dieu veut que nous Lui demandions ses grâces ; une prière bonne et persévérante traverse les nuages ; elle est exaucée de la manière qui vaut le mieux pour celui qui la fait. »

  Par ce rapport, je crois avoir donné une image suffisante des faits. J’ai tâché d’y consigner tout ce que j’ai appris de Maria Simma, de la Toussaint 1953 à février 1955 et ce que j’ai pu vérifier, citant les faits tels qu’ils ont été relatés _ en partie _ dans ses notes. Il s’agit d’un apostolat et d’une aide aux âmes du purgatoire. Libre à chacun de se former une opinion selon qu’il lui paraît bon. Mais que celui qui écarte les faits veuille bien juger Maria Simma avec justice.

Sonntag, dimanche 20 février 1955

Signé : Alphonse Matt

Curé de Sonntag

MARIA SIMMA

MES RELATIONS AVEC LES AMES DU PURGATOIRE

Dieu gagné, c’est le ciel

Dieu perdu, c’est l’enfer

Dieu qui examine, c’est le jugement

Dieu qui purifie, c’est le purgatoire.

HANS URS VON BALTHASAR

POURQUOI DIEU PERMET-IL CELA ?

  Bien des gens se demandent : « Est-il possible que Dieu permette à des morts d’apparaître à des vivants ? »

  Bien que tout soit possible à sa bonté, pourquoi Dieu permet-il des choses si extraordinaires ? Ce n’est pas pour satisfaire notre curiosité ! Si par la miséricorde de Dieu il se produit des faits inaccoutumés, ils sont cependant toujours conformes au plan divin du salut. Tel est le point de vue auquel il faut se placer pour en juger.

  Pour nous tous, ils doivent avoir une utilité spirituelle ; pour les morts, ils sont une grande consolation, car ils leur permettent d’être délivrés plus tôt de leurs souffrances. Ces faits doivent nous porter à prier et à offrir davantage pour les âmes du purgatoire et à ne pas nous attacher si fortement à ce qui est terrestre, durant notre vie ici-bas.

  Le grand danger, aujourd’hui, c’est que cela va trop bien. Nous devons veiller à avoir davantage le souci de notre vie éternelle, car elle dure toujours. N’attachons pas notre cœur à ce qui est temporel : de tout ce qui passe, nous ne pourrons rien emporter. Il est évident que nous avons besoin des biens terrestres pour vivre, mais il s’agit de ne pas y attacher notre cœur : c’est là la question. Tel est le sens et le but de ces apparitions d’âmes du purgatoire, comme de toute autre révélation privée. C’est le seul motif pour lequel Dieu permet de tels contacts surnaturels. Que le Dieu bon et miséricordieux daigne nous donner sa bénédiction et sa grâce pour en tirer profit.

  L’âme à qui Dieu veut donner une grâce particulière pressent souvent comme enfant déjà cette grâce, mais il n’est pas rare qu’elle ne soit accordée que plus tard. Les voies de Dieu sont admirables, insondables. Un grand pécheur peut devenir un grand saint, comme le prouve l’exemple de saint Augustin. Saul est devenu S. Paul et cela tout d’un coup.

PRUDENCE À L’ÉGARD DES RÉVÉLATIONS PRIVÉES

  Souvent, on comprend mal la grande réserve dont fait preuve l’Eglise catholique à l’égard des révélations privées. Elle a ses raisons, et c’est fort bien ainsi, car l’Eglise est la gardienne de la vérité. Il vaut mieux que l’Eglise ne reconnaisse pas comme authentique dix cas, que d’en reconnaître un seul qui ne le serait pas. Mais quand elles concordent pleinement avec l’enseignement du Christ elle ne peut rejeter de telles révélations, même au cas où ces révélations n’auraient pas encore fait l’objet d’un examen théologique approfondi. Un évêque, Mgr Bruno Wechner me fit convoquer : « Je doute, me dit-il, que ce soit la volonté de Dieu qu’on interroge les âmes du purgatoire au sujet des défunts. » Je lui répondis : « J’ai demandé un jour à une âme : comment pouvez-vous me donner des renseignements sur les âmes au sujet desquelles je vous interroge ? Elle me fit cette réponse : « Nous apprenons cela par Marie, mère de la miséricorde. »

  L’évêque fut alors d’avis qu’on ne pouvait pas se mêler de ces questions-là ; qu’il y a, entre le ciel et la terre, des choses que l’on na pas encore comprises au point de vue théologique et qui pourtant existent. Finalement, il déclara que je ne devais en aucun cas m’attendre à le voir reconnaître mon cas comme authentique, si on l’interrogeait à ce sujet ; que jamais l’Eglise ne pouvait le faire tant que la personne en cause vivait ; que l’Eglise était si sévère, _ nous devions bien le reconnaître _parce que même une personne favorisée de grâces extraordinaires pouvait devenir infidèle à la grâce et que nul n’était à l’abri des tromperies de l’Ennemi. C’est pourquoi une telle âme devait avoir un bon guide spirituel ; c’était là une protection spirituelle contre les pièges du démon.

FAUT-IL FAIRE CONNAÎTRE CES FAITS ? FAUT-IL LES TAIRE ?

« Pourquoi est-ce à vous, que les âmes du purgatoire s’adressent ? » Voilà une question que l’on m’a souvent posée. Ce n’est sûrement pas à cause de ma piété : il y a des gens bien plus pieux que moi. Et pourtant, ce n’est pas  eux que s’adressent les âmes. Les phénomènes surnaturels ne sont pas des « thermomètres de sainteté » : la pierre de touche de la perfection reste la charité, la vraie charité désintéressée, à l’égard de Dieu et du prochain : souffrir pour les autres par amour, à l’imitation du Christ. Nous ne saurions passer notre vie ici-bas sans croix ni souffrances. Une âme du purgatoire a dit un jour : « Ce qu’il y a de plus efficace, c’est la souffrance, quand on la dépose en offrande entre les mains de la Mère de Dieu pour qu’elle l’utilise pour qui elle veut, car elle sait où elle sera le mieux utilisée et le plus nécessaire. » Il est évidemment plus facile d’exhorter une personne qui souffre, à le faire avec patience, que de souffrir soi-même avec courage. Je sais ce que c’est que souffrir, mais c’est justement parce que la souffrance est pénible que la valeur en est si grande.

  Je ne saurais dire au juste pourquoi c’est à moi que s’adressent les âmes du purgatoire. Bien sûr qu’elles peuvent s’adresser à d’autres aussi. J’ai connu, au Vorarlberg, deux personnes actuellement décédées, à qui elles s’adressaient. Il y a, évidemment, encore aujourd’hui, beaucoup de personnes que les pauvres âmes viennent solliciter, mais qui sont connues de très peu de gens. Leur mission est autre que la mienne.

  Il serait, je le sais, bien plus facile de tenir ces choses cachées que de les faire connaître au grand public et de prendre fait et cause en leur faveur, car on se heurte à tant d’incompréhensions, de mépris, souvent même de la part des prêtres. Beaucoup de prêtres sont des savants qui veulent tout comprendre. Mais les voies de Dieu ne se laissent pas sonder ainsi : il y faut une grande humilité, ce qui manque souvent de nos jours.

JE VOULAIS ENTRER AU COUVENT

  Dès mon enfance j’eus le sentiment que Dieu demandait de moi un sacrifice tout spécial. Quand j’allais à l’école déjà, je voulais savoir quel était ce sacrifice. J’avais un long chemin à parcourir pour aller au lait. Il passait près de deux fenils. Je pensais en moi-même : « Sur ce chemin, Dieu pourrait me dire ce qu’Il veut de moi ; il faut donc que je fasse une convention avec Lui. Je Lui adressai cette prière : « Seigneur, vous pouvez tout. Quand je passe près de l’un ou l’autre de ces deux fenils, faites qu’il s’y trouve un billet sur lequel soit inscrit ce que je dois faire. » Et toujours je retournais à ces deux fenils pour trouver ce billet. Mais toujours c’était en vain. Peu à peu, l’impatience me gagna et je dis à Dieu : « Vous savez, ce n’est pas ma faute si je ne trouve pas la voie que vous avez choisie pour moi. »

  Quand je fus émancipée de l’école, je pensai : « Maintenant, c’est probablement le couvent ; peut-être est-ce là ce que Dieu veut. »

  A 17 ans, j’entrai au couvent du Sacré-Cœur de Jésus à Hall (Tyrol). Au bout d’une année, je dus m’en aller parce que j’avais trop peu de santé !

  J’ai voulu entrer aussitôt dans un autre couvent. J’essayai, cette fois, chez les dominicaines de Thalbach près de Bregenz, au bord du lac de Constance. « Nous vous le disons tout de suite, déclara la sœur supérieure au bout de huit jours : vous êtes trop faible pour nous. » Je ne pus pas rester.

  Je fis, là-dessus, la connaissance du couvent des franciscaines à Gaissau, qui envoie des religieuses dans les Missions : « Voilà le couvent qu’il me faut ! pensai-je. Amener d’autres personnes à Dieu, telle est ma tâche. Je sus trop peu douée pour faire des études et devenir maîtresse, je vais donc entrer dans un couvent d’où je pourrai plus tard partir pour les Missions. » Je dis à Dieu : « Faites donc maintenant que je puisse rester là, sinon je n’irai plus dans aucun couvent. » J’y suis entrée en 1938. Je m’y plaisais beaucoup. Eh bien, une fois de plus a mère supérieure me dit : « Vous êtes la plus faible de nous toutes… ». J’espérais cependant qu’une fois terminés les travaux des champs j’allais tenir le coup. Mais à peine la moisson fut-elle terminée, que la mère supérieure me déclara : « Vous êtes tout de même trop faible pour nous ; je ne puis pas vos garder. »

PREMIÈRES APPARITIONS

  Tout est fini pour moi, pensai-je alors : je n’ai pu trouver la voie que Dieu m’a tracée, et Dieu ne me l’a pas montrée ».

  Pendant assez longtemps, cela me tracassa fort, a point de vue spirituel ; mais ce qui me réconfortait, c’était la pensée de n’être pas coupable : j’avais fait tout mon possible.

  Dès mon enfance, j’avais un grand amour pour les âmes du purgatoire ; ma mère y tenait beaucoup et nous répétait toujours ce conseil : « Quand vous avez une demande importante à faire, adressez-vous aux âmes du purgatoire ; ce sont les aides les plus reconnaissantes. »

  C’est en 1940 que se manifesta pour la première fois à moi une âme du purgatoire. Entendant quelqu’un aller et venir dans ma chambre, je m’éveillai. Je regardai qui pouvait bien être dans ma chambre. Je n’ai jamais été très peureuse ; j’aurais sauté à la figure de quelqu’un plutôt que d’avoir peur.

  Je vis alors un étranger qui allait et venait lentement. Je l’interpellai d’un ton bourru : « Comment es-tu rentré ici ? Qu’as-tu perdu ? »

  Il fit comme si il n’entendait rien et continua ses allées et venues. « Que fais-tu ? » demandai-je encore. Puis, comme une fois de plus je n’obtenais pas de réponse, je bondis de mon lit et voulus l’empoigner. Je ne saisis que de l’air ; il n’y avait rien.

  Je retournai au lit et l’entendis de nouveau aller et venir. «Eh bien, pensai-je, je vois cet homme ; pourquoi ne puis-je donc pas l’empoigner ? »

  Une fois encore je me levai ; je marchai lentement vers lui, voulus ‘arrêter… ; une fois encore je fonçai dans le vide : il n’y avait plus rien.

  Assez peu rassurée, je me recouchai ; il était environ 4 heures du matin. Il ne revint pas, mais je ne trouvai plus le sommeil.

  Après la messe, j’allai chez mon directeur spirituel et lui racontai tout. « Sil arrive encore quelque chose de semblable, m’explique-t-il brièvement, ne demande pas « qui es-tu » mais « que veux-tu de moi ? »

  La nuit suivante, il revint : c’étai le même homme que la nuit précédente. Je lui demandai : « Que veux-tu de moi ?... » Il répondit : « Fais célébrer trois messes pour moi, et je serai délivré ».

  Je sus alors que ce devait être une âme du purgatoire.

  Je le dis à mon confesseur qui me confirma la chose.

  De 1940 à 1953, il venait chaque année, deux ou trois âmes seulement, le plus souvent au mois de novembre. Je ne voyais là aucune mission spéciale à remplir. Je le di à mon curé Alphonse Matt qui était aussi mon directeur spirituel. Il me conseilla de ne jamais écarter une âme et de tout accepter généreusement.

SOUFFRANCES EXPIATOIRES POUR D’AUTRES ÂMES

  Enfin, les âmes du purgatoire me demandèrent de souffrir pour elles. Ce furent de grandes souffrances.

  Quand une âme vient, elle me réveille en me frappant ou en m’appelant, ou en me tiraillant, ou autrement encore. Je lui demande alors aussitôt : « Que veux-tu ? » ou : « Que dois-je faire ? ». Ce n’est qu’alors qu’elle peut me dire ce qui lui manque.

  Ainsi une âme me demanda : « Souffriras-tu pour moi ? » Cela me parut assez étonnant, car jusqu’alors, aucune n’avait exprimé un tel désir. Je lui répondis donc : « Oui, mais que dois-je donc faire pour cela ? » Elle me dit : « Trois heures durant, tu éprouveras de grandes douleurs dans tout le corps ; mais au bout de ces trois heures tu pourras te lever et vaquer à tes occupations comme si de rien n’était. Tu peux ainsi m’enlever vingt ans de purgatoire. »

  J’acceptai. De telles douleurs me saisirent alors qu’à peine savais-je où j’étais, ben que restant consciente d’avoir accepté, en expiation pour une âme, ces souffrances qui devaient durer trois heures. Il me semblait que ces trois heures devaient être depuis longtemps passées, et qu’il s’agissait de trois jours, sinon de trois semaines. Quand tout fut terminé et que je me renseignai, il s’était bel et bien passé trois heures seulement. Souvent, je ne devais souffrir que cinq minutes ; mais que ce temps paraissait long !

LES MESSAGES DES ÂMES FONT CONNAÎTRE CES APPARITIONS

  En 1954 _ c’était l’année mariale _ il venait chaque nuit des âmes. Parfois, elles disaient qui elles étaient. Elles me chargeaient de telle ou telle commission pour leur parenté.

  C’est ainsi que le cas a été peu à peu connu du public, ce qui me fut fort désagréable, car pour mon compte je n’en aurais jamais parlé à personne sinon à mon directeur spirituel.

  Je dus parfois transmettre ces commissions jusque dans des villages qui m’étaient tout à fait inconnus. Parfois aussi, je devais annoncer que la parenté avait à rendre un bien mal acquis, qui était exactement désigné. Il y avait des cas où les membres de la famille eux-mêmes n’en savaient rien, et pourtant c’était bien vrai.

  Quand l’année mariale fut terminée, les âmes ne vinrent plus chaque nuit, mais en moyenne deux ou trois fois par semaine. Il s passait parfois une semaine entière sans qu’aucune ne vint.

  Le plus souvent, elles apparaissent le premier samedi du mois, ou un jour de fête de la Très Sainte Vierge, ou durant le Carême. Au cours de la Semaine Sainte surtout, beaucoup d’entre elles ont la permission de venir, puis de nouveau au mois de novembre et pendant l’Avent.

DIVERSES QUESTIONS

« Connaissez-vous les âmes qui s’adressent à vous ? » me demande-t-on.

  Celles que j’ai connues jadis, je les reconnais tout de suite ; les autres non, à moins qu’elles ne me disent qui elles sont. Elles apparaissent la plupart du temps en habits de travail.

« Peut-on envoyer une âme du purgatoire chez une autre personne ? »

Non, on ne le peut pas. Je l’aurais fait souvent volontiers ; j’aurais surtout aimé en envoyer à une de ces personnes qui ne font que ce moquer de ces choses et qui ne croient pas que les âmes du purgatoire puissent apparaître. On m’a souvent demandé aussi si l’on pouvait faire venir des âmes. Non, je ne le peux pas. Elles viennent quand le Bon Dieu le leur permet, pour demander leur délivrance.

« Est-ce un péché de ne pas croire aux apparitions du purgatoire ? »

Non, car ce n’est pas là un dogme de la foi ; on n’est pas obligé d’y croire, mais on ne devrait pas en rire.

QUE SAVENT DE NOUS LES ÂMES DU PURGATOIRE ?

  Les âmes en savent beaucoup plus long que nous ne croyons, sur nous et sur ce qui nous arrive. Elles savent, par exemple, qui rend part à leur sépulture, si l’on y prie ou si l’on y va seulement pour faire un acte de présence, sans dire un mot de prière, ce qui est souvent le cas. Elles savent si l’on s’en va après l’offrande, sans assister à la messe qui leur serait surtout profitable. Si l’on y assistait avec piété au lieu d’accompagner seulement le corps au cimetière, on aiderait davantage les défunts, car sinon on ne va que pour être vu, ce qui est d’un mince profit pour eux.

  Les âmes savent aussi tout ce qu’on dit d’elles, ce qu’on fait pour elles ; elles sont beaucoup plus proches de nous que nous ne le croyons : elles sont toutes proches.

CE QUI AIDE LES ÂMES DU PURGATOIRE

  Le secours le plus précieux que nous puissions donner aux âmes, est sans aucun doute la messe, mais dans la mesure seulement où les défunts en ont eu l’estime de leur vivant. Là aussi, on récoltera ce qu’on aura semé. Du reste, il n’y a pas seulement les messes des jours d’obligation _ dimanche et fête _ qui comptent, mais aussi celles des jours de semaine. Bien sûr, chacun ne peut pas assister à la messe les jours d’œuvre ; on a ses occupations professionnelles, ses tâches, et le devoir va avant tout.

  Mais il y a des gens qui pourraient y aller sans manquer à aucun devoir : les retraités par exemple, qui sont en bonne santé, solides sur leurs jambes, qui habitent près de l’église, mais qui se disent : « Le dimanche, j’y suis obligé ; mais pas pendant la semaine, donc je n’y vais pas ».

  Ceux qui pensent et agissent ainsi doivent attendre longtemps après leur mort, pour qu’une messe leur profite, parce qu’ils en ont fait peu de cas pendant leur vie.

  Quand nous sommes empêchés, envoyons-y, le plus souvent possible, les enfants en âge de scolarité. En bien des endroits, il n’y a plus d’enfants aux messes des jours d’œuvre. Si l’on savait quel est le prix d’une seule messe pour l’éternité, les églises seraient pleines, même les jours de semaine. A l’heure de la mort, les messes auxquelles nous avons assisté avec piété durant notre vie, sont notre plus grand trésor ; elles ont pour nous plus de valeur que les messes qui sont célébrées pour nous après notre mort.

   Parents et éducateurs se plaignent que les enfants sont, de nos jours, si insolents et désobéissants. Ce n’est pas un effet du hasard : autrefois, les enfants assistaient chaque jour à la messe des écoliers ; la prière et la communion leur donnaient la force d’être obéissants et fidèles à leur devoir.

  Aucun père, aucune mère, ni aucun catéchiste ne peut mettre dans le cœur de l’enfant ce que Notre-Seigneur Lui-même lui donne en fait de grâces durant la sainte messe et par la Sainte Communion.

  On m’a déjà demandé si le fait d’allumer des cierges ou des lumignons avait un sens ou une valeur. Bien sûr, surtout quand ils sont bénits. Et même s’ils ne le sont pas, il faut penser que l’on achète ces cierges et ces lumignons par amour pour les défunts et que tout acte d’amour est d’un grand prix.

  L’eau bénite est précieuse, elle aussi, quand on l’emploie avec foi et confiance. Mais il est égal qu’on en asperge le sol à pleines mains ou qu’on n’en répande qu’une goutte : mieux vaut souvent une seule goutte, accompagnée d’une oraison jaculatoire pour les pauvres âmes. Il est très regrettable que, dans beaucoup de maisons, on ne trouve plus aucun bénitier ; on n’a ainsi aucune occasion de donner de l’eau bénite aux âmes du purgatoire.

QUELS SONT LES PÉCHÉS LES PLUS SÉVÈREMENT PUNIS EN PURGATOIRE ?

  Les péchés contre la charité : médisance, calomnie, rancune ; les querelles provoquées par la cupidité et l’envie sont sévèrement punis dans l’autre monde. Voici, par exemple un vaurien ; il pourrait être un homme comme il faut s’il était traité avec bonté et charité. Prenons garde de tomber à bras raccourcis sur de telles gens, d’en rire : cela nuit gravement à notre âme. Que de fois des personnes isolées se plaignent qu’on les aide si peu, alors que dans le voisinage, à dix mètres à peine, il y a des jeunes gens. Mais il ne leur viendrait pas à l’idée d’aider leur vieux voisin démuni de secours à creuser un sentier dans l’épaisse couche de neige. Et pourtant, les œuvres de charité recevront la plus haute récompense dans l’éternité.

  Que de fois on pèche par des paroles et des jugements dépourvus de charité ! On pourrait écrire tout un livre à ce sujet. Si nous suivions la consigne qu nous donne la Mère de Dieu : « Soyez charitable et bon pour tous », nous pourrions convertir la plupart des hommes et n’aurions pas à craindre le communisme. Une parole peut tuer, une parole peut guérir. L’amour couvre la multitude des péchés. Allons donc charitablement au-devant de nos ennemis surtout. Etre bons avec ceux qui leur font du bien, les païens le font aussi, dit le Christ. Mais faire u bien à ceux qui ont à notre égard des sentiments hostiles, voilà la vraie attitude chrétienne ; voilà ce que le Sauveur nous demande ; nous nous ferions ainsi de maint ennemi un ami, et nous pourrions nous épargner en grande partie le purgatoire.

QUE SOUFFRENT LES ÂMES EN PURGATOIRE ?

  Elles souffrent de mille façons diverses : il y a autant de sortes de purgatoire qu’il y a d’âmes. Chaque âme éprouve la nostalgie de Dieu et c’est bien la plus lancinante des douleurs. De plus, chaque âme est punie dans ce _ et par ce _ qui l’a fait pécher. C’est déjà, dans une certaine mesure, le cas sur la terre où la punition suit la mauvaise action : celui qui mange avec excès souffre de maux de ventre et devient trop lourd ; celui qui fume trop est intoxiqué par la nicotine et attrape le cancer du poumon.

  Aucune âme ne voudrait revenir du purgatoire pour vivre de nouveau comme auparavant, dans les ténèbres où nous sommes, parce qu’elle a une connaissance dont nous n’avons aucune idée.

  Les âmes veulent se purifier en purgatoire, tout comme l’or dans le creuset. Pouvons-nous imaginer une jeune fille qui voudrait aller à son premier bal en habits sales et coiffure négligée ? Une âme qui est dans le lieu de purification a une image si fulgurante de Dieu ; Dieu lui est apparu dans une beauté, une pureté si rayonnantes, si aveuglantes, que toutes les forces du ciel ne suffiraient pas à la faire se présenter devant Dieu, tant qu’il subsiste en elle la moindre souillure. Seule une âme lumineuse, parfaite, ose aller à la rencontre de la lumière éternelle et de la perfection divine pour contempler Dieu face à face.

POURQUOI JE DONNE DES CONFÉRENCES

  « Tu dois aller partout où l’on te demande _ disent les âmes du purgatoire _ ; c’est ton apostolat ». Le Concile aussi demande que le laïc travaille davantage à l’apostolat. Tout catholique a contracté, lors de sa confirmation, l’obligation de défendre la foi et la vérité, selon les dos qu’il a reçus. Aussi est-ce également mon devoir de donner ces conférences. Bien des prêtres même ne veulent pas comprendre ; ils ne les permettent pas alors que le peuple les désire. Prions pour ces prêtres.

  Je ne me fais pas payer pour ces conférences et ces discussions ; je ne demande que les frais de mon voyage et mon entretien. On m’a reproché déjà de recevoir sûrement des dons spontanés qui dépassent le prix du voyage. C’est vrai, mais cet argent, je ne l’emploie pas pour moi : il va à la petite « caisse des âmes ». C’est là que vont tous les dons supplémentaires ; ils appartiennent aux âmes qui demandent une messe ou un don en faveur d’une bonne œuvre. J’ai l’habitude de vivre simplement. Au temps où j’allais à l’école, nous n’avions jamais autre chose à manger, à midi et le soir, qu’une soupe et un morceau de pain. Pourtant tous les huit enfants que nous étions ont grandi en bonne santé. On se porterait mieux, souvent, si l’on vivait plus simplement.

  On me demande aussi quelles écoles j’ai fréquentées, pour pouvoir faire de tels exposés. Je n’ai fréquenté que l’école primaire pendant huit ans. Mais par mes relations avec les âmes du purgatoire, j’ai beaucoup appris et suis devenue autre. J’ai également une grande confiance dans le Saint-Esprit. Ce n’est que lorsque nous invoquons le Saint-Esprit avec confiance que nous éprouvons la puissance de son aide. Et quelle importance a son assistance, qurtout quand il s’agit de l’éducation des enfants ! Aussi ne saurais-je assez conseiller aux parents et aux éducateurs de demander au Saint-Esprit de les éclairer.

DOIT-ON PARDONNER AU DELÀ DU TOMBEAU

  Un paysan vint un jour me voir pour se plaindre. « Je suis en train, dit-il de bâtir une étable. Chaque fois que le mur arrive à une certaine hauteur, il s’écroule de l’autre côté. Nous avons examiné la chose, il n’y a aucune faute ; il doit y avoir du surnaturel là-dedans. Que faire ? »

  Je lui demandai : « As-tu, peut-être un défunt qui avait quelque chose contre toi, ou qui était animé de sentiments hostiles à ton égard ? Il répondit : « Pour ça oui ! J’ai pensé justement que ce pouvait être lui qui, même de dessous terre, ne me laissait pas tranquille. »

_ Il demande seulement, lui dis-je, que tu lui pardonnes ; rien d’autre.

_ Quoi ? lui pardonner, à lui qui m’a fait tant de tort de son vivant ? Pour qu’il puisse s’envoler au ciel ? Non, non ! il n’a qu’à expier.

  Je dus le calmer : « Il ne s’envolera pas pour autant au ciel ; il devra expier ce tort, mais il supportera plus facilement  sa peine ; il ne te laissera plus de repos que tu ne l’aies pardonné du fond du cœur. »

  Il n’en voulait rien savoir. Je lui demandai alors : « Pourquoi dis-tu donc, dans le Notre Père : pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ? De fait, tu dis à Dieu : « Ne me pardonnez pas parce que je ne pardonne pas non plus, à mon prochain. »

_ Ce n’est que maintenant que je comprends vraiment, dut-il avouer. Je pus encore l’amener à rassembler toutes ses énergies pour déclarer : « Oui, au nom de Dieu, je veux pardonner pour que Dieu me pardonne aussi. »

COMMENT JE RECOIS DES RÉPONSES

  Ce n’est que les premiers samedis du mois ou les jours de fêtes de Notre-Dame que je puis demander si une âme est encore en purgatoire ou non. Quand une âme apparaît et quand, après avoir déclaré de quoi elle a besoin pour être délivrée, elle reste encore là, je sais que je peux la questionner. Mais je ne reçois pas la réponse de l’Ame à qui je pose la question, tout simplement parce que, justement, elle sera délivrée quand on aura fait ce qu’elle a demandé.

  C’est bien plutôt une autre âme qui apporte la réponse ; une âme qui peut revenir, elle aussi, pour demander sa délivrance. Quand elle a exposé ses désirs elle me dit si telle âme est encore en purgatoire ou si elle est délivrée.

  Je puis vérifier, dans mon cahier, qui m’a indiqué ce nom et je pis en donner communication à la personne intéressée.

  Il peut se passer deux ou trois ans, souvent moins, avant que j’aie une réponse. C’est selon que Dieu le permet.

  Je ne crois pas que les âmes puissent dire si quelqu’un est en enfer ; mais il ne faut pas conclure qu’il n’y ait pas d’enfer. Oh ! il y a un enfer, et il y a beaucoup de monde en enfer.

  Si l’on me demande quel est le plus sûr moyen de ne pas aller en enfer, je réponds : « Soyez très humbles ; celui qui est humble ne va pas en enfer, mais celui qui est orgueilleux, celui-là, oui, est en danger de se perdre pour l’éternité. »

QUELLE EST L’EFFICACITÉ DE L’INDULGENCE PLÉNIÈRE CONCÉDÉE À L’ARTICLE DE LA MORT ?

  Un homme me fit un jour questionner au sujet de sa femme décédée. La réponse fut que sa femme était encore en purgatoire. Notez qu’elle était membre de plusieurs confréries dans lesquelles on peut gagner une indulgence plénière à l’heure de la mort. On aurait donc pu penser qu’elle n’était plus en purgatoire.

  Je demandai à une âme comment cela se faisait. Voici quelle fut la réponse : « Pour gagner pleinement une indulgence plénière pour soi-même, il fut avoir l’âme tout à fait dégagée de tout attachement à ce qui est terrestre. C’est beaucoup demander. Prenez par exemple une mère de cinq enfants à son lit de mort. Eh bien, elle doit dire à Dieu : « Je ne veux que ce que vous voulez ; vivre o mourir, comme vous le voulez. »

  C’est beaucoup demander. Il faut déjà avoir vécu dans ces sentiments pour atteindre un tel degré de détachement à l’heure de la mort.

QUAND ON TRICHE

  Quelqu’un posa des questions concernant le sort d’une personne dont il donna le nom, l’année de naissance et l’année de décès. La réponse ? « Elle est encore en purgatoire. » Il me railla alors en disant : Cette fois il est clair que tout a n’est que de la frime : cette femme vit encore ! »

  Je pesai : comment une âme du purgatoire peut-elle donc me dire que cette personne est encore en purgatoire ? J’allai chez mon directeur spirituel et lui dis : « Je n’accepte plus de questions, il y a quelque chose qui ne joue pas. »

  Calmement, tranquillement, il me répondit : « Quand tu auras de nouveau l’occasion de parler avec une âme, dis-lui : « Au nom de Jésus, je vous ordonne de me dire pourquoi vous m’avez donné une réponse qui est fausse, puisque cette personne vit encore. » Je fis ce qu’il m’avait ordonné et je reçus le renseignement suivant : « Cette réponse ne venait pas d’une âme du purgatoire. » _ « De qui donc ? » L’âme répondit : « C‘était le démon, sous les apparences d’une âme du purgatoire. » « Cela est-il arrivé plus d’une fois ? » « Quand on te questionnait en toute franchise, tu as reçu de nous des réponses justes ; quand on triche, mais alors seulement, le démon a le pouvoir de s’en mêler. »

  Le curé à qui je rapportais ces paroles me fit cette réflexion : « J’ai déjà pensé que le démon était là-dedans ; il ne fat pas badiner avec ces choses. Il s’agit de s’en tenir strictement avec la vérité. Le démon est le père du mensonge ; là où l’on ment, il exerce l’empire de sa puissance. »

VILLAGE EN ÉMOI

  En 1954, un homme vint m’informer au sujet de deux défunts : « Je suis vraiment impatient de savoir quelle va être la réponse » dit-il. Pourquoi ? Il n’en dit pas plus : il ne demandait que la réponse. C’était l’année mariale ; cette réponse vint promptement. Un mois plus tard déjà, je pus lui annoncer : « Madame S. est délivrée et Mr. H. est encore au fond du purgatoire. » Il secoua la tête : « Ce n’est pas possible. Madame S. est morte à l’hôpital d’un avortement et elle serait délivrée, tandis que Mr H. qui était toujours le premier et le dernier à l’église serait encore au fond du purgatoire ? »

« C’est l’année mariale lui dis-je ; je reçois tant de réponses que j’ai peut-être confondu en notant ; je demanderai encore ».

Je répétai donc ma question. On me répondit : « Tu as noté juste, c’est bien ainsi. »

Je le communiquai à l’homme qui ne voulut plus rien croire de tout cela.

Il était du même village que Madame S. et Mr. H. La moitié du village avait été mise en émoi par ces deux réponses, mais je n’y pouvais rien changer.

  Or il advint que, de ce même village, m’arriva une femme qui avait fort bien connu Mme S. et Mr. H. Elle était d’un avis contraire : « On s’est indigné de votre réponse, me dit-elle ; moi ce qui a fortifié m’a fortifié e dans ma conviction, c’est justement votre réponse concernant les deux cas. »

  C’est pour cela précisément qu’elle était venue. Elle continua dans ces termes : « Je puis dire que j’ai connu Mme S. comme si elle avait été ma propre sœur. Elle était faible au point de vue moral, c’est vrai, mais elle en a beaucoup souffert ; cela venant, chez elle, en très grande partie de l’hérédité. Elle est morte d’un avortement, c’est vrai ; mais le prêtre qui l’a assisté au moment de la mort a dû reconnaître : « Je voudrais mourir dans des sentiments de repentir tels que cette femme. » Elle est morte dans le Seigneur et a été enterrée religieusement. Mr. H. en revanche état bien le premier et le dernier à l’église, mais il critiquait sans cesse les autres. Ce qui m’a indigné le plus, c’est que lors de l’enterrement de Mme S., personne n’était aussi excité que ce Mr H. I ne put s’empêcher de faire cette réflexion : « Une telle charogne ne devait pas être enterrée dans le cimetière. »

  Reconnaissante de cette explication, je dis à cette dame : « Maintenant, tout est clair pour moi. Le Seigneur ne veut pas que nous jugions les autres. Mr H. a condamné cette femme : pourtant Dieu a été miséricordieux envers lui puisqu’il est quand même sauvé ; car il est très dangereux de condamner quelqu’un. »

  Nous ne pouvons prononcer de sentence contre personne. Supposons que vingt personnes commettent la même action, vue extérieurement : la faute peut être différente pour chacune d’elles. Il y a tant de facteurs à considérer pour juger : éducation, hérédité, connaissance, état de santé, comportement, entourage. Nous ne pouvons donc jamais juger.

Y A-T-IL AUSSI DES ENFANTS EN PURGATOIRE ?

  Oui, es enfants, même les enfants qui ne vont pas encore à l’école peuvent aller en purgatoire. Dès qu’un enfant sait que quelque chose n’est pas bien, s’il le fait quand même, il y a faute.

  Bien sûr, pour les enfants, le purgatoire n’est ni long, ni pénible, parce qu’il leur manque le plein discernement. Mais ne dites pas qu’un enfant ne comprend pas encore ! Un enfant comprend plus que nous croyons ; il a une conscience bien plus délicate qu’un adulte.

QUEL EST LE SORT DES ENFANT MORTS SANS BAPTÊME, DES SUICIDES, ETC. ?

  Ces enfants ont aussi un « ciel » ; ils y sont heureux, mais ils n’ont pas la vision de Dieu. Cependant, ils en savent si peu à ce sujet, qu’ils croient avoir ce qu’il y a de plus beau.

  Qu’en est-il des suicidés ? Sont-ils damnés ? Non, dans la plupart des cas, ils ne sont pas responsables de leur acte. Ceux qui sont coupables que ces gens se soient suicidés, portent, eux, une bien plus grande responsabilité.

  Les membres d’autres religions vont-ils aussi au purgatoire ? Oui, même ceux qui ne croyaient pas au purgatoire. Mais ils y souffrent pas autant que les catholiques parce qu’ils n’avaient pas les sources de grâces dont nous disposons ; sans doute, ils n’ont pas a même félicité.

  Les âmes du purgatoire ne peuvent-elles rien faire pour elles-mêmes ? Non, absolument rien, mais elles peuvent nous aider beaucoup si nous le leur demandons.

ACCIDENT DE LA CICULATION A VIENNE

  Une pauvre âme me fit ce récit : « J’ai été tué sur le coup en moto à Vienne parce que je n’ai pas observé les lois de la circulation. C’était ma destinée. » Je lui demandai : « Etais-tu prêt pour entrer dans l’éternité ? » _ « Je n’aurais pas été prêt, avoua-t-il mais Dieu donne à quiconque ne pèche pas contre Lui avec insolence et présomption, deux à trois minutes pour pouvoir s’exciter encore à la contrition. Et ce n’est que celui qui refuse qui est damné. »

  Son commentaire fut intéressant et instructif : « Dans de tels cas, les gens disent souvent : « C’était son heure ». C’est faux. Il n’en est ainsi que lorsqu’une personne meurt sans qu’il n’y ait rien de sa faute : alors on peut dire que c’était son heure. D’après les desseins de Dieu, j’aurais pu vivre encore trente ans ; c’est alors que le temps de ma vie aurait été écoulé. C’est pourquoi nous n’avons pas le droit d’exposer notre vie à un danger de mort, sauf en cas de nécessité. »

UNE CENTENAIRE SUR LA ROUTE

  C’était en 1954, vers 14h. 30 de l’après-midi. J’étais en route pour Marul. Dans la forêt, avant de passer sur le territoire de cette commune voisine de la nôtre, je rencontrai une vieille femme. Je pensai : « En voilà une qui a sûrement plus de cent ans », tant elle me paraissait âgée. Je la saluai amicalement._ « Pourquoi me salues-tu ? dit-elle, personne ne me salue plus. » Je la consolai : « Vous méritez aussi bien d’être saluée que n’importe qui. » Elle commença à se plaindre. « Personne ne me donne plus cette marque de sympathie ; personne ne me donne rien à manger et je dois dormir sur la route. » Ce n’est pas possible, pensai-je : elle n’a plus sa tête à elle. J’essayai de lui montrer que cela ne se pouvait pas. _ « Mais si », répondit-elle. Je pensai que, si c’était une ennuyeuse, on ne voulait pas la garder longtemps vu son grand âge, et je l’invitai à manger et à dormir chez moi. « Ah mais ! je ne peux rien payer. » _Aucune importance, mais il vous faut accepter ce que j’ai à vous offrir : je ne suis pas bien installée, mais ce sera toujours mieux que de dormir sur la route. Là-dessus, elle me remercia : « Dieu vous le rende ! Maintenant je suis délivrée » et elle disparut. Je n’avais pas du tout remarqué jusqu’à ce moment que c’était une âme du purgatoire. Sûrement elle avait dû, de son vivant, repousser quelqu’un à qui elle aurait dû venir en aide ; maintenant, il lui a fallu attendre que quelqu’un lui offrît spontanément à elle ce qu’elle avait refusé à autrui.

RENCONTRE DANS UN TRAIN

  « Me connais-tu ? » me demanda une âme. Je dus répondre que non._ « Mais tu m’as déjà vu : en 1932 tu as fait le voyage avec moi jusqu’à Hall : je fus alors ton compagnon de route. » Je m’en souvins très bien ; cet homme avait critiqué tout haut, dans le train, l’Eglise et la religion. Bien que je n’eusse alors que 17 ans, je pris la chose à cœur et lui dis qu’il n’était pas un brave homme, puisqu’il dénigrait ainsi les choses saintes. « Tu es bien trop jeune pour que je me laisse faire la leçon par toi », répondit-il pour se justifier. _ « Pourtant je sus encore plus intelligent que toi », lui répondis-je hardiment. Il baissa la tête et ne pipa plus mot. Quand il descendit du train, je priai Notre-Seigneur : « Ne permettez pas que cette âme se perde ! » « Cette prière m’a sauvé conclut cette âme ; sans elle j’aurais été damné. »

UNE FEMME SAUVE UN VILLAGE

  En 1954, une avalanche causa chez nous une grande catastrophe. Dans le village voisin, Fontanella, mourut peu après une femme du nom de Stark, qui avait été malade durant trente ans. On se racontait que cent ans auparavant, des avalanches avaient causé des ravages, mais qu’alors cela avait été encore pire. Après cette première dévastation, on avait planté une forêt pour protéger le village. Lors de l’avalanche de 1954, cette forêt fut presque entièrement arrachée. Quelques arbres continrent la force de la neige, sans quoi la moitié du village aurait été balayée.

  Quand Mme Stark fut morte, peu après cette catastrophe, je pus apprendre ceci des âmes : c’est uniquement cette femme qui par ses prières et ses sacrifices, a fait que ces arbres tiennent bon. Elle avait offert toutes ses souffrances pour le bien de sa commune et lui avait obtenu de nombreuses grâces. Si elle avait eu la santé, elle ne l’aurait pas pu. Par la souffrance supportée avec patience, on sauve plus d’âmes que par la prière.

  Il est évidemment plus facile d’exhorter u malade à souffrir avec patience que de persévérer soi-même humblement.

  Je sais ce que c’est de souffrir : c’est justement parce qu’elle est si pénible que la souffrance a tant de valeur! Ne la regardons pas toujours comme une punition : elle peut être acceptée comme expiation non seulement pour nous-mêmes, mais avant tout pour d’autres.

  Le Christ était l’innocence même et c’est Lui qui a souffert le plus pour l’expiation de nos péchés. Ce ‘est qu’au ciel que nous saurons tout ce que nous avons obtenu par la souffrance supportée avec patience, en union avec les souffrances du Christ.

  La manière la plus efficace d’offrir nos souffrances, consiste à les remettre entre les mains de la Mère de Dieu, pour qu’Elle les distribue à qui Elle veut, car Elle sait où elles sont le plus nécessaires.

POUBELLE, MAIN NOIRE ET PROFANATION DE CROIX

« Que fais-tu avec cette poubelle ? » demandai-je à une femme que je rencontrai, une poubelle à la main. « C’est ma clef du paradis », répondit-elle, rayonnante. Je n’ai pas beaucoup prié durant ma vie ; j’allai rarement à l’église, mais une fois, avant Noël, j’ai nettoyé gratuitement toute la maison d’une pauvre vieille femme. Ce fut mon salut ! Preuve que tout finalement dépend de la charité.

Une rencontre resté pour moi inoubliable est celle de ce prêtre dont la main était noire. Je lui en demandai la cause. « J’aurais dû bénir davantage » me déclara-t-il. « Dis à tous les prêtres que tu rencontres qu’ils doivent bénir davantage ; qu’ils peuvent répandre ainsi de nombreuses bénédictions et conjurer les forces du mal. »

  Un jour, après m’avoir dit ce dont elle avait besoin pour sa délivrance, ne âme ajouta : « Si l’on me fait cela, je serai contente. » Rien de plus, sinon où et quand elle avait quitté ce monde.

  Je l’annonçai à sa parenté que je ne connaissais pas. Ces gens restèrent d’abord sceptiques. Ils voulurent savoir si toutes les âmes disaient : « Si l’on me fait cela je serai contente. » « Jusqu’ici », dis-je, « c’est la première fois qu’une âme s’est exprimée ainsi ».

  Ils voulurent alors savoir pourquoi elle avait bien pu dire cela. Je répondis que je n’en savais rien. _ « Eh bien, nous le savons, dirent-ils pensifs ; c’était comme la devise de notre père ; il disait toujours : « Si vous faites cela je serai content ; voilà pourquoi nous vous croyons. » C’étaient des gens qui n’allaient plus à la messe le dimanche, pensant que ce n’était pas là un commandement de l’Eglise et non pas un commandement de Dieu.

  Je leur expliquai qu’un commandement de l’Eglise comptait, dans l’éternité, autant qu’un commandement de Dieu ; que la seule différence consistait dans le fait que l’Eglise pouvait abroger ou changer un de ses commandements à elle, tandis que c’était impossible pour les commandements de Dieu.

  « J’ai commis un crime contre Dieu », m’avoua un homme, « j’ai piétiné une croix dans ma fureur, en faisant la réflexion que s’il y avait un Dieu, il ne permettrait pas cela. Mais Dieu ne toléra pas qu’on se moquât de Lui. Je fus frappé de paralysie sur place. Ce fut mon salut ». Finalement, il me dit ce que sa femme devait faire pour lui et comment on pouvait lui adoucir le purgatoire.

  Sa femme était sortie de l’Eglise catholique, mais mon message lui fit une profonde impression. _ « Que mon mari avait profané une croix, nous n’étions que lui et moi à le savoir. Je ne l’ai raconté à personne et mon mari n’a pu, lui non plus, le confier à personne. Si cette inconnue peut dire cela, je dois le croire. » Et elle rentra dans le sein de l’Eglise catholique.

  Un médecin vint un jour, se plaignant qu’il devait souffrir pour avoir abrégé la vie des patients par des piqûres, pour qu’ils n’eussent plus autant à souffrir. Il dit que la souffrance avait pour l’âme, quand elle la supportait avec patience, une valeur infinie ; qu’on avait bien le droit de soulager de grandes souffrances, mais non de raccourcir la vie par des moyens chimiques.

BIEN MAL ACQUIS

  Un jour j’eus une visite. Dans le corridor déjà, je l’entendais gronder. J’ouvris la porte pour voir. C’était un homme. Il demanda sur un ton dédaigneux : « Où est donc cette fumisterie d’âmes du purgatoire ? » _ « Viens te promener par ici, lui répondis-je ; il n’y est pas question de fumisterie d’âmes du purgatoire. » Alors en bougonnant, il arriva tout droit à son affaire : « Est-ce à vous que Monsieur E. est apparu ? » J’avais devant moi un de ses parents à qui j’étais allée annoncer, de la part de Mr E. qu’ils devaient rendre le bien al acquis. Je répondis affirmativement à sa question. Il commença alors à tempêter que ce n’était pas vrai, que ce n’était l qu’un truc pour extorquer de l’argent, de la charlatanerie… « Quel bien mal acquis devons-nous rendre ? » _ « Je ne sais pas, lui expliquai-je ; j’ai seulement reçu mission de demander à cette famille de restituer le bien mal acquis ; lequel ? c’est à vous de le savoir. » Il sut alors très exactement lequel. J’appris bientôt, par ses propos, que sa foi chrétienne n’allait pas plus loin ; il tempêta aussi contre le pape, l’Eglise, la religion. Je lui expliquai tranquillement ce qu’il en était de tout cela ; il se calma alors et dit : « S’il en est ainsi, il faut que je commence une autre vie ; je n’avais plus confiance en aucun prêtre, mais maintenant il faut que je recommence à croire en Dieu, car jamais vous n’auriez pu savoir que dans notre propriété il y eût du bien mal acquis. Tous les membres de la famille eux-mêmes ne le savaient pas. »

  Une autre fois, il vint une femme : « J’ai dû souffrir 30 ans au purgatoire parce que je n’ai pas laissé ma fille aller au couvent » avoua-t-elle. Quand des parents donnent un enfant à Dieu et que Dieu l’appelle au sacerdoce ou à la vie religieuse, s’ils s’y opposent, ils ont une lourde responsabilité.

  Je sais par les âmes que beaucoup de jeunes gens seraient appelés au sacerdoce, mais que leurs parents ne le permettent pas ; ils ont à en répondre.

LA FEMME QUI AVAIT LE PLUS TERRIBLE PURGATOIRE

  Un homme m’écrivit une lettre : sa femme était morte depuis un an ; dès lors on frappait chaque nuit des coups dans sa chambre. Il me demandait si je ne pourrais pas venir voir ce que c’était.

  J’y allai. Je lui dis que je n’étais pas sûre d’apprendre quelque chose. Peut-être sa femme ne pouvait-elle pas encore s’annoncer. Il faudrait, dans ce cas, abandonner cela à la Providence.

  J’ai dormi dans cette chambre. Vers 23h. 30 environ, le tapage commença. Je demandai aussitôt : « Que veux-tu ? Que dois-je faire ? » Je ne vis personne et ne reçus pas de réponse. Je pensai que cette femme ne pouvait pas encore parler. Au bout de cinq minutes, j’entendis un piétinement effrayant ; un gros animal arriva, ce qui jamais encore ne s’était produit. C’était un hippopotame.

  Je jetai aussitôt de l’eau bénite et demandai : « Comment puis-je t’aider ? » Pas de réponse ; c’était sinistre. Alors survint le démon qui enserra l’animal… l’enserra pour l’étrangler. Puis soudain il disparut. Je me laissai aller à de sombres pensées. « Pourtant, me dis-je, cette femme ne doit pas être damnée. » Peu de temps après vint une âme sous une apparence humaine, comme elles viennent toujours chez moi ; elle me consola : « Ne crains pas ; cette femme n’est pas damnée, mais elle subit le plus terrible purgatoire qui soit. »

  Elle m’en dit la cause. Cette femme avait vécu, durant des dizaines d’années, e inimitié avec une autre femme ; inimitié dont elle était la cause. Son ennemie avait souvent voulu faire la paix, mais elle avait refusé ; même pendant sa dernière maladie, elle avait écarté ses avances avec rudesse et elle était morte ainsi.

  Nous avons là une preuve de la sévérité avec laquelle Dieu punit ceux qui se comportent d’une manière hostile à l’égard du prochain, parce que c’est là une attitude diamétralement opposée à la charité. On en vient souvent, dans la vie, à des querelles ; mais il faut veiller à ce que cela s’arrange au plus vite, pardonner le plus tôt possible. La charité dépasse tout ; on ne saurait assez le dire ; elle couvre une multitude de péchés.

TUÉ PAR UNE AVALANCHE

  C’était en 1954, lors de la catastrophe casée par ne avalanche. Un jeune homme de 20 ans qui habitait une maison à l’abri des avalanches entendit pendant la nuit des appels au secours. Il se leva aussitôt et voulut se hâter de venir en aide. Sa mère le retint : « Après tout c’est aussi à d’autre d’aider une bonne fois, quand il descend des avalanches ; il  a trop de danger dehors. » Le jeune homme ne se laissa pas arrêter ; il se précipita vers le lieu d’où venaient les appels au secours, mais fut lui-même englouti sous une avalanche et tué.

  La deuxième nuit après, déjà, il vint me prier de faire dire trois messes pour lui. Sa parenté s’étonna qu’il pût être si tôt délivré, car il n’était pas très fervent, au point de vue religieux.

  Mais le jeune home ‘avait confié que si Dieu avait été si miséricordieux pour lui, c’était parce qu’il était mort au service du prochain par amour : jamais plus il n’aurait pu, s’il avait vécu encore, faire une aussi belle mort.

  Nous ne devons jamais nous laisser décourager lorsqu’il arrive de tels accidents. Nous ne savons jamais quelle en est l’utilité. Dans ces cas, les gens disent que c’était un brave jeune homme, ou une brave jeune fille. J’ai connu maints braves jeunes gens et jeunes filles qui ont ris ensuite le mauvais chemin. Dieu seul sait ce que seraient devenus ces braves jeunes. Ce n’est que dans l’éternité que nous connaîtrons la bonté de Dieu à notre égard.

SATAN SE DÉGUISE

  Une âme vint un jour me commander : « Ne t’occupe pas de la prochaine âme qui viendra ». J’avais ordre de mon directeur de m’occuper de toutes les âmes ; aussi demandai-je : « Pourquoi ne dois-je pas m’occuper de cette âme-là ? » _ « Parce qu’elle a besoin q’on supporte de telles souffrances pour elle, que tu n’en est pas capable ! »

« Dans ce cas, Dieu ne la laissera pas venir. Je fus alors rudoyée : « Dieu verra si tu obéis ou non ! » Quand je ne m’y connais pas et je ne suis pas sûre, j’invoque le Saint-Esprit. Jamais encore il ne m’a abandonnée.

Aussitôt, il me vint l’idée que ce pouvait être le démon. Ma décision fut prompte : je lui commandai : « Si tu es l’Ennemi, au nom de Jésus, retire-toi ! » Soudain un cri ! L’apparition avait disparu. Je connus alors que c’était l’Ennemi, sous les apparences d’une âme du purgatoire.

  Le jour où il y a chez nous une messe pour les morts à 9 heures, on distribue la Sainte Communion à 7 heures. Un de ces jours-là, je me rendis à l’église à 6.45 heures. Il y avait le plus souvent, deux ou trois personnes ; mais ce jour-là, j’étais seule. Tout à coup arrive notre curé très agité. Dans sa hâte, il ne fait même pas de génuflexion, vient droit à moi et me déclare énergiquement : « Vous ne pouvez pas communier aujourd’hui ». Puis il sort à vive allure, sans faire de génuflexion non plus.

  Je ne m’expliquais pas la chose ; je me mis à réciter mon chapelet. Peu avant 7 heures, mon directeur spirituel entra tranquillement à l’église. Je pensai : « il va repartir tout de suite puisque je ne puis pas m’approcher de la Sainte Table et qu’il y a personne d’autre ». Mais contre mon attente, il se rendit à la sacristie. Je regardai autour de moi, pour voir si peut-être il y avait quelqu’un d’autre. Mais personne !

  J’allai donc à la sacristie et demandai : « Pourquoi ne puis-je pas recevoir la communion aujourd’hui ? » _  « Qui a dit cela ? _ « Mais vous m’avez dit que je ne pouvais pas communier aujourd’hui »

  Il voulut savoir quand il me l’avait dit. Je lui racontai ce qui s’était passé. Il me tranquillisa : « Dites-vous bien que je n’ai pas encore été à l’église aujourd’hui. C’était l’Ennemi ; allez tranquillement communier ».

  J’ai connu, à Appenzell, une dame, Maria Graf, simple femme de paysan, qui avait souvent des apparitions de la Très Sainte Vierge et en recevait des messages. Madame Graf vint un jour chez moi pour me demander conseil. D’une part, elle se sentait obligée de faire connaître ces messages au monde, d’autre part, ‘évêque désirait qu’elle ne dise rien.

  Je demandai : « Pouvez-vous parler souvent avec la Très Sainte Vierge ? Sur sa réponse affirmative, je lui conseillai de demander à la Très Sainte Vierge ce qu’elle devait faire ; elle savait bien que l’évêque le défendait. Elle lui posa la question et reçut cette réponse : Obéis à l’évêque. Je veillerai moi-même à ce que les messages se répandent. »

  Madame Graf obéit. A Appenzell, personne ou presque ne croyait à ces faveurs extraordinaires ; même son mari n’y croyait guère. Mais on ne saurait contrecarrer les plans de Dieu. Peu après a mort de madame Graf, survenue le 19 février 1964 se produisit une guérison extraordinaire due à son intervention. Cela réveilla l’attention. O vint chez son mari, le prier de voir si sa femme n’avait rien écrit. On trouva ses notes dans lesquelles la Sainte Vierge exprimait maintes de fois le désir qu’on récite le rosaire pour la conversion des pécheurs ; qu’il était d’une grande puissance contre les assauts du démon.

  Peu après avoir appris cela, je reçus deux lettres dont le contenu était presque identique : « Chez nous il se passe des choses étranges. Ce doit être le démon qui est à l’œuvre. »

Je pensai : « Je vais écrire aux deux de réciter chaque jour le rosaire pour la conversion des pécheurs. »

  C’était le 16 décembre 1964 en plein jour. Je pris deux feuilles de papier à lettres, les mis au beau milieu de ma table avec les deux enveloppes à côté. J’ai l’habitude d’écrire d’abord l’adresse sur la première enveloppe. Soudain, sifflement strident. Je fus saisie de frayeur. Le démon était près de moi. Il m’arracha les deux feuilles de papier qu’il traîna jusqu’au coin de la table, laissant sur les feuilles une marque de brûlure. Ce fut pour moi une preuve de la puissance du rosaire contre le démon.

EXHORTATIONS DONNÉES PAR LES ÂMES DU PURGATOIRE

  Souvent aussi, Maria Simma a reçu de la part des âmes des exhortations et des conseils pratiques. Citons-en brièvement quelques-uns.

  Le Très Saint Sacrement de l’autel n’est plus honoré comme il devrait l’être. Dans bien des églises modernes, le Saint Sacrement n’est plus au centre de l’église.

Souvent, on fait des tableaux et des statues qui bafouent ce qu’ils devraient représenter.

C’est aussi un manque d’humilité et de respect qu’on reçoive la Sainte Communion debout, sans aucune génuflexion.

  Le rosaire devrait être mis davantage en honneur. La prière du rosaire a une grande puissance : Marie est le secours des chrétiens.

  Partout, je choque les gens quand je dis, sur l’ordre des âmes du purgatoire, que les habits immodestes, telles les mini-jupes poussent à l’immoralité. Il faut prendre la chose au sérieux : les femmes ont sur ce point une grande responsabilité.

  Les âmes désirent aussi que nous fassions à temps notre testament. Que de fois naissent des querelles qui se continuent de génération en génération, parce que, ou bien on n’a as fait de testament, ou bien on ne l’a pas fait selon la justice.

  Il importe que chacun contribue à ‘avènement du Royaume de Dieu. Les parents ont une grande responsabilité quand ils ne laissent pas leurs enfants y travailler activement. La jeunesse se rend coupable quand, par amour des aises, elle néglige d’accomplir une bonne action.

CONSTRCTION D’UNE CHAPELLE

   Une âme du purgatoire déclara que la Très Sainte Vierge désirait l’érection d’une chapelle à Sonntag ; elle en désigna l’endroit exact, parce qu’il s’y trouvait autrefois un petit oratoire de la Très Sainte Vierge. Cet oratoire disparut en son temps lors de la construction d’une route ; on promit de le reconstruire. Mais comme cela arrive, on oublia. Il fallait une chapelle assez grande pour qu’on y puisse célébrer la messe.

  Je renseignai mon directeur spirituel. Il prit aussitôt la chose au sérieux, car il savait qu’ily avait eu autrefois un oratoire en cet endroit, ce que, personnellement, j’ignorais : seules les personnes âgées pouvaient encore s’en souvenir.

  La construction de la chapelle devait être assurée au moyen de dons. Dans la commune, il y eût des difficultés. Les gens ne voulaient pas comprendre que la chapelle devait être bâtie là où, précisément, il n’y avait que deux maisons, et non pas dans un endroit où il y e avait plusieurs. Sur le désir de mon directeur, je demandai à une âme si la chapelle ne pouvait pas être construite dans le hameau de Turtsch, où il y a davantage d’habitants.

  Voici la réponse : « Si les habitants de Turtsch désirent une chapelle, il faut qu’ils la paient eux-mêmes ; leur chapelle ne doit pas être payée avec les dons qui ont été faits ».

  La chapelle fut donc bâtie à l’endroit désiré et cela avant tout sur l’initiative de mon directeur spirituel, M. Alphonse Matt.

  Comme il n’y avait encore au Vorarlberg aucune chapelle en l’honneur de Notre-Dame des Pauvres de Banneux, la Très Sainte Vierge désira une statue de Banneux dans cette chapelle.

  Le recteur de Banneux apporta lui-même à Sonntag une statue qui avait été bénite à Banneux.

Quand la chapelle fut terminée, la Mère de Dieu exprima, par l’entremise d’une âme, le désir qu’on y plaçât un tableau la représentant comme Mère de Miséricorde pour les âmes du purgatoire. Mais il fallait que ce soit un tableau d’une beauté naturelle et non pas une de ces peintures contorsionnées d’art moderne.

  Je demandai à la Mère de Dieu un bon peintre. Peu après arriva un prêtre polonais, le Père Stanislas Skudrzyk S.J. Je lui exposai mon désir. Il m’apprit qu’il connaissait à Cracovie un bon peintre, le professeur Adolf Hyla, qui serait capable de faire un beau tableau. Le jésuite polonais, P. Stanislas, habitant Hambourg, prit tout en mains, y compris la question financière et le transport via la Pologne à Sonntag, qui se déroula sans incident.

  Au mois de mai 1959, la chapelle fut bénite ; elle est, depuis, un lieu de pèlerinage et un mémorial des âmes du purgatoire ouvert à tous les pèlerins.

  La situation de ce lieu de grâces, au-dessus du dernier village du Grosswalsertal, le calme, a vue sur une vallée alpestre des préalpes au sein des prairies alpines, pleines du parfum des fleurs et du chant des cigales est unique. Quiconque veut se retirer pour prier en silence en pleine nature, près de Dieu, y trouve une petite cellule où il se sait merveilleusement caché.

   

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