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6 ème dimanche de Pâques

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Dans l’évangile de ce 6ème dimanche de Pâques de cette année liturgique A, les deux événements que nous allons vivre les prochains jours, à savoir l’Ascension qui est le départ de Jésus, et la Pentecôte qui est la venue du Saint Esprit, sont déjà annoncés. Une nouvelle étape s’ouvre dans l’histoire de Dieu avec son peuple. Jésus s’en va. Quand le père quitte ses enfants, quand le maître s’en va, c’est toujours une autre histoire qui commence pour ceux qui restent.

Frères et sœurs, Jésus aujourd’hui nous rappelle que notre vie humaine est sans cesse « allées et venues », « rencontres et séparations », « amour et mort. » Jésus annonce donc son départ et il sait que celui-ci sera ressenti comme quelque chose de douloureux par ses amis. Jésus, lui aussi, comme nous, a vécu son départ comme un déchirement, tellement il nous aimait. La souffrance de la séparation existe lorsqu’on aime vraiment l’autre. Mais quand on n’aime pas, la séparation est souvent un réel soulagement, un débarras. Tel n’est pas le cas de Jésus. Il part, mais on a l’impression que son cœur reste.

Deux souffrances se font donc face : celle de Jésus, et celle des disciples. Quand on s’aime, la séparation laisse souvent sur le tapis deux cœurs blessés, deux  vies qui souffrent et qui pleurent. La situation des disciples est bien difficile. L’avenir sans Jésus dans ce monde hostile leur fait peur. Lui qui était comme leur rempart, leur protecteur, leur assurance va subitement s’effacer. Ils vont donc subitement se retrouver devant, exposé, eux qui s’abritaient toujours derrière Jésus. Le principal danger qui les guette est la peur, le découragement, la fuite devant les difficultés.

Les paroles de Jésus sont donc comme des paroles d’encouragement et de réconfort : « Tenez bon », « ça va aller », « n’ayez pas peur ». L’attitude de Jésus montre son souci pour nous. Se soucier d’une personne, c’est penser à sa vie quand on ne sera plus là, c’est penser et faire que tout ne s’arrête pas avec nous, c’est même faire que cette personne qu’on laisse soit même plus forte après nous, qu’elle aille plus loin qu’elle n’était allée quand on était là, c’est accepter et admettre que la vie continue et soit plus belle sans nous. Et nous savons nous-mêmes comment cela est souvent difficile pour nous qui voulons toujours être le centre de tout. La grandeur d’une personne, c’est sa capacité à rendre les autres plus forts, plus grands. C’est exactement ce que fait Jésus pour ses amis, et pour les chrétiens que nous sommes.

« Je ne vous laisserai pas orphelins ». L’orphelin est forcément plus faible après le départ du père. C’est celui qui n’est plus rien, qui n’a plus rien quand ses parents ne sont plus là. Mais Jésus ne veut pas que nous soyons orphelins. Vous aurez tout, la plénitude de la divinité. Vous avez déjà le Père, le Fils, vous aurez la plénitude avec l’Esprit Saint. Avec moi, vous n’aviez que le Père et le Fils.

On se sépare comme on a vécu. Il n’y a pas de miracle à la séparation. Quand on n’a pas aimé, on ne laisse rien, on vend tout, on laisse même des dettes. « Tu ne feras jamais rien. Je vais voir ce que tu vas devenir sans moi » Voilà ce qu’on entend parfois certains parents dire à leurs enfants. « Vous serez des orphelins ». Beaucoup ont laissé leurs enfants orphelins, beaucoup vont laisser leurs enfants orphelins. Le chrétien peut-il laisser orphelins ses enfants, sans argent, vider les caisses ? Si votre père ne vous a jamais aimés, méfiez-vous à sa mort. Vous risquez être désagréablement surpris.

Pour qu’ils soient donc plus forts, Jésus leur enverra le Saint Esprit. L’Esprit Saint est souvent appelé « Paraclet ». Ce mot vient du grec « para », qui signifie : « à côté », (c’est-à-dire que vous ne serez pas seuls), « auprès de » ; et « klétos » qui signifie « appelé », « invité », « bienvenu ». L’Esprit Saint est donc pour les amis de Jésus qui restent comme un soutien, un conseiller, un compagnon, un avocat défenseur, un consolateur.

Et les textes des Actes des Apôtres en particulier nous montrent que les disciples n’ont jamais été plus forts qu’après le départ de Jésus. C’est comme si le départ de Jésus les avait mûris, fait grandir. Avant, ils étaient de simples suiveurs, maintenant ils doivent prendre les devants, et c’est eux que les autres vont suivre. De spectateurs, ils deviennent très vite des acteurs.  Ainsi, la fin d’un père peut être pour le fils l’occasion d’un départ. Il faut parfois que le père s’efface pour que le fils se place, il faut parfois qu’il disparaisse pour que le fils apparaisse. Il y en a qu’on ne commence à voir et à entendre qu’après le départ du père. C’est dans ce sens que Jésus disait : « Il est bon pour vous que je m’en aille. Et si on ne disparaît pas, les autres n’apparaîtront jamais, et ils peuvent même disparaître sans avoir jamais apparu. Ainsi l’Esprit Saint rend le fils plus fort.

Mais il le rend aussi plus avisé, plus sage. Il va leur permettre de mieux connaître le Christ, et nous savons bien que bien qu’étant avec lui tous les jours, les disciples ne semblaient pas bien connaître celui avec qui ils étaient. Mais là, ils On réalise mieux l’importance d’une personne après son départ. Combien d’enfants ne vont comprendre le sens des paroles, des conseils, des exigences de leurs parents seulement après leur départ ! Que de fois n’avons-nous pas entendu des parents dire à leurs enfants qui ne comprenaient rien de ce qu’ils leur disaient : « Un, quand je ne serai plus là, vous comprendrez. » Qui leur fait comprendre aujourd’hui ce qu’ils ne comprenaient pas hier, sinon l’Esprit Saint que Dieu envoie à tous ceux qui restent seuls, tous ceux qui voient disparaître leurs parents ? La meilleure demande de celui qui perd le pilier de sa famille n’est-elle pas que Dieu lui envoie son Esprit Saint ?

Enfin, l’Esprit Saint fait grandir la foi, il nous permet de sentir la présence de Dieu à nos côtés même si nous ne le voyons pas,  il nous permet de voir Jésus à l’œuvre même si on ne peut plus le toucher comme Thomas, il nous permet de continuer à percevoir sa présence protectrice même si on ne peut plus se protéger derrière lui. Et c’est bien l’Esprit Saint qui permit à cette personne de dire :

« Je crois au soleil, même s’il ne brille pas,

Je crois à l’amour même s’il ne m’entoure pas,

Je crois en Dieu, même s’il se tait. »

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