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14ème Dimanche Temps Ordinaire A

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En ce 14ème dimanche ordinaire de l’année liturgique A, Jésus nous adresse un message de consolation. Il s’adresse en particulier aux pauvres, à ceux que la vie a finis par courber, par plier, à ceux qui sont accablés par les problèmes qui les dépassent. Jésus s’adresse à ceux que personne ne veut aider, qui sont abandonnés à eux-mêmes. Jésus s’adresse aujourd’hui à ceux qu’on fuit, qui voient les gens détourner leurs regards ou changer de direction quand ils s’approchent. Il s’adresse à ceux qui ne savent plus où aller ni chez qui allez, qui ne savent plus à quelle porte frapper puisqu’ils voient toutes les portes se fermer subitement devant eux. C’est à eux que Jésus s’adresse : « Venez à moi, vous tous qui ployez sous le poids du fardeau, et moi je vous procurerai le repos, prenez sur vous mon joug … ».
Frères et sœurs, il y a deux mots qui vont guider notre méditation de ce jour : le mot « fardeau » et le mot « joug ». Le pauvre est celui dont le fardeau est lourd, c’est celui qui ne peut pas porter tout seul son fardeau, qui ne peut pas résoudre tout seul ses problèmes. Il a donc besoin de décharger ces problèmes quelque part, il a besoin de déposer son fardeau, d’être aidé, d’être allégé, d’être soulagé. Mais pour décharger son fardeau, il a besoin de quelqu’un, d’une personne qui accepte de porter ce fardeau-là, pour être allégé, il a besoin d’une personne qui lui tienne par la main. C’est à ce moment-là qu’on parle de joug. Le joug que l’on prend avec quelqu’un va permettre que les fardeaux de notre vie soient légers.
C’est quoi le fardeau ? Autrefois, le fardeau était un paquet, un bagage très lourd que l’on chargeait sur le dos du chameau. Par extension, il est devenu le symbole d’une lourde préoccupation que l’on porte seul, et sans l’avoir choisi. Et nous avons tous des fardeaux que la vie nous a imposés : telle maladie, la peur face à l’avenir, nos charges familiales, les faiblesses de la chair peuvent constituer pour nous un fardeau, aimer son ennemi peut être un fardeau, pardonner jusqu’à 77 fois 7 fois… On peut trainer des fardeaux physiques, moraux, spirituels… C’est vrai que Matthieu parle davantage de cette pauvreté extérieure que l’on peut observer. Et depuis toujours, les pauvres sont ceux dont les charges sont plus lourdes. On peut d’ailleurs définir le pauvre comme celui qui n’a pas assez de force pour porter son fardeau. Et le plus dramatique est que, plus vous êtes pauvres, moins la société vous aide. Le pauvre n’a pas d’avantages comme le riche, il n’a pas de passes droit, il ne bénéficie d’aucune facilité, pas de bons de carburant, il n’a pas d’assurances, n’aura jamais rien gratuitement, pas de logements sociaux parce que les logements sociaux sont devenus des logements pour riches, on leur arrache même les facilités auxquelles ils ont droit. Dans nos services, on est moins patients avec le pauvre, on ne le regarde même pas, et s’il arrive qu’on le regarde, c’est avec arrogance et mépris. Dans le monde du travail, c’est le pauvre que l’on exploite, dont le salaire est faible quand il est payé, le pauvre, c’est celui qui n’est pas payé. Ce sont les enfants des pauvres qui sont dans des écoles difficiles, où on n’enseigne pas bien, où les enseignants refusent d’aller, où il est très difficile de s’en sortir. Elle est difficile, la vie du pauvre, elle est lourde, la charge sur les épaules du pauvre. Frères et sœurs, nous le savons, nous le voyons tout autour de nous, plus vous êtes pauvres, plus votre fardeau est lourd.
C’est quoi le joug ? Dans les temps anciens, c’était une pièce de bois qu’on posait sur le cou de deux animaux, les bœufs le plus souvent, ce qui permettait de les mettre ensemble, pour qu’ils tirent ensemble la même charge dans la même direction. Cela se voit moins aujourd’hui puisqu’entre temps, les bœufs ont été remplacés par des tracteurs. En français, le mot « joug » a donné le verbe « conjuguer » qui veut dire porter le joug ensemble. Conjuguer nos efforts, c’est les orienter dans la même direction grâce au joug qui les réunit, qui les met ensemble. Il y a le verbe « conjuguer », mais il y a aussi le mot « conjoint ». Homme et femme deviennent ainsi conjoints parce que le mariage devient comme un joug d’amour, les unit de façon forte. Un mariage où les conjoints ne vont pas dans la même direction n’est plus un mariage. Le sens du mariage c’est quand on parle d’une même voix, quand on porte ensemble nos peines. Le mariage finit quand le joug qui unissait l’homme à la femme se coupe. Qu’avons-nous fait de ces jougs qui nous lient les uns les autres ?
Pour comprendre davantage le sens du mot « joug », nous pouvons observer l’étole du prêtre. En effet, le prêtre porte une étole, cette espèce d’écharpe autour de son coup pendant la messe. Elle est justement en forme de joug sur les épaules du prêtre. Car, par l’ordination, les prêtres prennent la place sous le joug du Christ. L’étole est accrochée sur le coup du prêtre et en même temps sur le coup du Christ. Et ensemble, ils portent le poids de la charge. Le Christ aide le prêtre dans sa mission, et pour cela, le prêtre doit marcher dans la même direction que le Christ.
Le joug est donc un signe de solidarité et d’unité. Jésus se montre solidaire du pauvre. Il s’agit donc pour nous de venir ici déposer nos fardeaux sous ses pieds et de repartir avec le joug du Christ sur nos épaules. Nous venons nous assurer de son aide et de son soutien. Déposer notre fardeau, et repartir avec le joug du Christ. Jésus nous attache à lui et nous devons accepter d’être attachés à lui. « Prenez sur vous mon joug » signifie que le Christ est celui qui va être à côté de nous, qui va être à nos côtés. Parce que la souffrance la plus difficile, c’est celle de la solitude et de l’isolement quand on a des problèmes. Très souvent, le problème n’est pas que nous avons beaucoup de problèmes, c’est que très souvent, on se retrouve tout seul à les porter, abandonné de tous. Le problème du pauvre est que personne ne veut porter le joug avec lui : personne qui accepte se marier avec lui, personne qui accepte lui prêter de l’argent, personne qui accepte être son ami, personne qui accepte marcher avec lui. Il n’a personne qui accepter de poser son bras sur son cou ou sur ses épaules. Alors qu’il n’a besoin que d’une main tendue. Et pourtant, dans la vie courante, nous savons bien que lorsque l’être aimé pose son bras sur votre cou ou sur votre épaule, c’est un joug qui rassure et encourage. Il y a des poids qui nous rendent plus légers et plus forts. Le Seigneur nous propose donc sa présence pour nous accompagner dans nos difficultés et nos souffrances, il nous propose de porter une bonne partie de notre souffrance pour la rendre légère. Ce qui semble lourd à porter est souvent léger lorsqu’il est fait avec amour.
Frères et sœurs, nous devons être pour les autres ce joug qui soulage leurs souffrances, qui rend la vie plus légère, plus vivable, malgré les difficultés inévitables. Ne faisons donc pas peser sur les autres de lourds fardeaux. Il y a ceux dont la présence est malheureusement pesante, lourde, écrasante pour les autres et dont l’absence est souvent comme un soulagement. Il serait intéressant pour nous d’essayer de méditer sur l’effet que notre présence produits sur notre entourage, et nous verrons si nous sommes animés par l’esprit de Dieu ou pas. La vie est déjà suffisamment compliquée pour que nous la compliquions encore davantage aux autres. Le pauvre a besoin de solutions et non de problèmes. Apportons-leur des solutions, n’ajoutons pas nos problèmes à leurs problèmes. Faisons tout ce qui est en notre pouvoir, partout où nous sommes, pour faciliter la vie à nos frères et sœurs : dans nos bureaux, au volant de notre voiture, dans le commerce si nous sommes commerçants. Nous avons tous la possibilité d’être pour les autres, celui ou celle qui lui rend la vie facile. A la fin de notre journée, essayons souvent de voir combien de personnes à qui nous avons facilité la vie. C’est cela le cœur de la vie chrétienne, du témoignage chrétien.
Sommes-nous toujours dignes de porter le maillot de chrétien ? Nous sommes à un moment où tout le monde parle de l’honneur du maillot à défendre sans d’abord se poser la question de savoir si chacun défend dignement le maillot qu’il porte : prêtre, père, mère, fonctionnaire, commerçant. Il n’y pas qu’au Brésil en quelques jours que notre maillot a été humilié, le pauvre maillot du Cameroun ne ressemble plus à rien aujourd’hui, tellement il est traîné dans la boue chaque jour que Dieu a créé partout où le Camerounais se comporte mal, exploite ou vole son frère, partout où il fait peser sur lui un fardeau lourd à porter, partout où un camerounais souffre et pleure à cause de son frère. N’oublions pas la souffrance de nos frères et sœurs.
Enfin, sachons être reconnaissants envers Dieu et les autres chaque fois que nous bénéficions de leur aide. Parce que très souvent, notre ingratitude peut surprendre. Et ceux qui portent le poids des autres n’ont pas souvent la force de parler. C’est ce que nous explique cette ancienne fable de la Grèce antique où le nommé Esope disait : « Des bœufs tiraient un chariot. Comme l’essieu grinçait, ils se retournèrent et lui dirent : ‘C’est nous qui portons le fardeau, et c’est toi qui cries ?’ Aux uns la peine, aux autres la plainte. » Pour nous dire que ceux qui crient ne sont pas toujours ceux qui portent le fardeau. C’est même souvent le contraire.

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