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15 ème dimanche Temps Ordinaire A

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L'Évangile de ce 15ème dimanche ordinaire de cette année liturgique A, nous faisons un constat assez étonnant. Tout ce que Dieu entreprend ne réussit pas toujours, les choses ne vont pas toujours comme Dieu lui-même le veut. Il arrive que Dieu échoue dans certaines de ses entreprises. Sa Parole, la graine qu’il sème avec soin et amour dans nos vies ne porte pas toujours de bons fruits. Comme le Christ sur le chemin du calvaire, Dieu continue de tomber aujourd’hui, de chuter. Cet évangile nous parle donc de Dieu et de chacun de nous. Suis-je un terrain de victoire pour Dieu, ou un terrain de défaite, d’humiliation, où Dieu mord la poussière, où il ne produit rien de bon ?
Ce constat nous permet aussi de comprendre pourquoi dans notre propre vie, il ne suffit pas toujours de bien faire les choses, il ne suffit pas toujours de tout faire pour que tout aille pour le mieux, et que nos échecs ne sont pas toujours de notre faute. Tout faire, tout donner ne suffit pas toujours. C’est cela malheureusement aussi une des injustices de la vie. Le bon semeur n’est pas toujours assuré d’avoir la bonne récolte, le bon parent, le parent consciencieux n’est pas toujours assuré d’avoir de bons enfants, obéissants, studieux et consciencieux, l’épouse modèle n’aura pas toujours la grâce de tomber sur une bonne terre, sur un bon époux, et inversement. Le bonheur ne sourit pas toujours aux meilleurs. Le Seigneur nous montre un peu notre impuissance dans le déroulement de notre vie
Dès lors, est-il toujours juste de se culpabiliser même quand on n’a rien à se reprocher comme nous le faisons très souvent ? Est-il normal de mourir de chagrin pour un travail bien fait ? Non. Parce que ce qui doit d’abord faire notre fierté, ce n’est pas le résultat qui très souvent ne dépend pas de nous, mais c’est notre travail, l’effort qui lui, dépend de nous. Dieu ne nous jugera pas sur les résultats, mais sur l’effort, sur le travail.
On appelle cette parabole, la parabole du semeur parce qu’elle s’adresse à tous les semeurs que nous sommes, qui semons tous les jours dans nos familles, nos lieux de services et avons toujours l’impression que notre travail n’est pas récompensé à sa juste valeur.
Mais cette parabole est aussi la parabole de la terre qui reçoit la bonne graine. En fait il s’agit de plusieurs terres, il s’agit de quatre terres. Ce dimanche, le Seigneur va semer sa parole dans nos cœurs, sur nos terres. Ces graines connaîtront des fortunes diverses : il y a des vies ici dans lesquelles cette parole va produire quelque chose de nouveau, de beau ; mais il y a ici des personnes, des vies, des cœurs où cette parole va mourir, où elle ne produira rien. Nous ne sommes pas seulement des semeurs, nous sommes aussi des terres : le mari est une terre dans laquelle l’épouse va planter la graine, la bonne graine de l’amour, de la fidélité, de la douceur, de tout ce que vous connaissez de beau. Mais tout cela va tomber dans quelle terre ? Pour quel résultat ? On peut en dire pareil pour les enfants qui reçoivent de leurs parents, des élèves qui reçoivent beaucoup de leurs enseignants…
L’évangile nous parle de quatre terrains différents : le bord du chemin, le sol pierreux, le sol envahi par les mauvaises herbes, et enfin la bonne terre.
Le bord du chemin. Souvent la Parole de Dieu tombe par terre et les gens continuent leur chemin comme s’il n’avait rien dit ; on continue à mener notre vie comme si Dieu n’avait rien dit sur notre vie, comme si sa parole n’existait pas. Combien de fois Jésus se désole de la dureté de notre cœur, de notre insensibilité ? Nous allons pour beaucoup d’entre nous continuer à entretenir nos haines, nos divisions, notre égoïsme, notre corruption, notre délation, comme si la parole de Dieu qui nous invite à la réconciliation, au pardon, à la fraternité, au partage, à la justice, à la vérité était un non-événement, on va faire comme si Dieu n’avait jamais existé. Le chemin c’est aussi là où tout le monde piétine, et à force d’être piétiné, il devient dur. Le bord du chemin montre aussi la dureté de notre cœur, où aucune parole, aucun conseil ne peut plus entrer. Quand parle à un enfant qui n’écoute plus rien, dont les oreilles sont fermées, alors on jette la graine sur le bord du chemin. Ce dimanche, la parole de Dieu est peut-être malheureusement tombé sur le bord du chemin. Et quand la graine est tombée au bord du chemin, ce sont les autres qui en profitent, ce sont les oiseaux qui en profitent. Beaucoup entendent la parole de Dieu une fois en passant, et en profitent alors que nous qui l’écoutons chaque jour et à qui elle est adressée, nous passons notre chemin. Les oiseaux, ce sont ces enfants que mes parents ont hébergé et qui ont profité de leurs conseils et de leur encadrement plus que moi-même. C’est à chaque fois que les autres profitent plus que moi-même de mes chances, de mes possibilités.
Le sol pierreux. C’est un sol qui manque de profondeur, qui est superficiel. Il accueille la graine avec joie, mais le lendemain tout s’éteint. La parole de Dieu peut nous procurer une certaine joie, une émotion. Mais très souvent, elle s’arrête là, elle ne s’enracine pas dans notre vie. On peut être content d’une prédication, d’une parole, sans que cette parole n’apporte grand-chose dans notre vie. Si nous sommes dans cette situation-là, alors la parole de Dieu est tombée sur un sol pierreux. La parole de Dieu n’a pas pour but de changer notre visage, de provoquer un sourire sur notre visage, elle n’est pas faite pour rester à la superficie, malheureusement nous sommes des hommes et des femmes de superficie, elle est faite pour entrer dans notre vie, dans l’invisible de notre cœur pour le changer. Ne restons pas des sols pierreux, c’est-à-dire des hommes et des femmes d’un moment, d’une célébration, mais des hommes et des femmes de chaque instant. Dieu ne s’adresse pas d’abord à nos sens, mais à notre cœur. Tant que rien n’est entré dans votre cœur, Dieu a échoué.
Le sol envahi par les mauvaises herbes. Cela signifie qu’il y a eu d’autres semeurs qui ont semé autre chose. Nous sommes cette terre qui accepte autant la mauvaise semence que la bonne semence. Dieu n’est pas le seul à semer dans notre. Nos vies sont parfois comme ces prostituées qui ne font pas le tri et acceptent tout, tout le monde, toutes les idées. C’est la raison pour laquelle ce qui sort de notre cœur, de notre vie ne ressemble pas souvent au semeur que tout le monde connaît, c’est-à-dire à Dieu, mais au semeur inconnu et caché, au démon. C’est quand même vrai que la même bouche qui reçoit le corps du Christ est quand même la même qui va recevoir toutes ces plantes, ces racines, ces décoctions aux pouvoirs supposés immenses, c’est quand même cette peau qui a reçu le saint chrême qui est parfois badigeonnée de produits et autres huiles venant d’autres semeurs. Toutes ces mauvaises herbes-là ne peuvent qu’étouffer la graine de la parole de Dieu. Beaucoup ont semé en nous. On a un problème avec notre vie de foi. Personne n’ose faire confiance totalement au semeur, à Dieu. C’est comme si on était toujours obligé d’aller chercher ailleurs, d’autres semences. On vit avec beaucoup de convictions à la fois. On livre notre, terre, notre vie à beaucoup de semeurs. Quand on a mangé le corps du Christ, quand il a semé dans notre vie, quel intérêt avons-nous encore à consommer ceci ou cela ? Qu’est-ce qui est plus fort que le Corps de Dieu ? Une herbe, une racine ? Nous sommes devenus fous au point où on peut comparer la créature à son créateur ? Et on peut en dire autant du sang des animaux. Le Seigneur a arrosé notre vie de son sang, du sang de Dieu et nous pouvons comparer le sang d’un animal au sang de Dieu ? Il y a plein de mauvaises herbes dans notre vie qui étouffent parole de Dieu. Devenons des jardiniers, arrachons-les malgré les douleurs et laissons s’épanouir la parole de Dieu.
Il y a enfin la bonne terre. L’humus. Cette terre humble qui se laisse transformer par la parole, qui n’oppose aucune résistance. Et porte des fruits comme la conversion, la transformation totale, l’obéissance comme la terre de la vie de la Vierge Marie, de cette prostituée qui embauma de ses cheveux les pieds de Jésus, comme le bon larron.
Frères et sœurs, nous l’avons dit, la bonne graine ne tombe pas toujours sur une bonne terre, c’est une question de chance, nous dirons que c’est une question de grâce : avoir de bons parents, de bons enfants, une bonne épouse, de bons élèves. Et ce n’est pas parce qu’on a l’impression de n’être pas tombé sur la bonne terre que nous devons arrêter de semer. Semons toujours et toujours. Ce qui est apparemment perdu pour nous, est pour Dieu une chance donnée. Ce qui peut être vu comme un perd temps, du gaspillage, un effort inutile, comme une chose perdue, est en fait une chance que nous accordons à l’autre
Dieu ne s’est jamais découragé de nos stérilités, il nous a toujours donné une chance ; alors semons toujours, donnons toujours une nouvelle chance aux autres, parce que Dieu a la capacité de changer le cœur de pierre en cœur de chair. Et il nous arrive parfois d’être des témoins de conversions extraordinaires. Mais il ne peut y avoir de conversion sans patience.

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