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Dédicace de la Basilique du Latran

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Frères et sœurs, en ce 09 Novembre, nous célébrons la dédicace de la Basilique du Latran. C’est la cathédrale de Rome, la cathédrale du pape François aujourd’hui, mais aussi de tous les autres papes avant lui, et ceci depuis l’année 324, au IVème siècle, au moment où elle a été consacrée à Dieu. En quoi cette fête nous concerne-t-elle, nous qui sommes rassemblés aujourd’hui dans cette église saint Marc de Biyem-Assi ? Tout simplement parce que la Basilique du Latran est considérée comme la mère de toutes les églises, et donc la mère de la nôtre. D’ailleurs, sur sa façade, on peut lire : « Mère et tête de toutes les églises de la ville et du monde. ». C’est tout simplement une façon de nous dire que toute église appartient à Dieu. Il s’agit donc pour nous de célébrer et de respecter la présence de Dieu au sein de son peuple rassemblé dans l’église. Les lectures qui nous sont proposées par la liturgie de ce jour nous parlent de l’église. Et un mot revient comme une sorte de refrain : le mot « temple ». En réalité, le mot « temple » peut renvoyer à trois réalités, à trois sortes de maisons, à trois sortes d’églises : la première maison, c’est cette maison faite de pierres, de sable et de ciments ; la deuxième maison, c’est le peuple de Dieu, c’est la communauté qui trouve son unité dans l’église, c’est le corps du Christ ; la troisième maison, c’est chacun et chacune d’entre nous, nous sommes personnellement une église, une maison de Dieu. C’est donc de ces trois dédicaces, de ces trois consécrations qu’il s’agit. Commençons par la première église, ce lieu physique, cet espace qui accueille les croyants. Pour prier Dieu, pour l’adorer, nous avons besoin d’un lieu propice, adapté où nous nous sentons devant Dieu, où nous sentons proches des autres croyants. Les temples hier et les églises aujourd’hui ont toujours été des hauts lieux de la présence de Dieu au milieu de son peuple assemblé. Il y avait notamment, dans le temple, un endroit qu’on appelait le Saint de Saint, symbole de la présence de Dieu. Et aujourd’hui, dans nos églises, nous avons le tabernacle qui se signale par une petite flamme toujours allumée. En effet, trois évangélistes indiquent qu’au moment de la mort de Jésus, le rideau du temple se déchira du bas en haut. Ce rideau séparait en réalité le cœur du temple, appelé Saint des Saints, lieu de la présence de Dieu du reste de l’espace occupé par les fidèles. C’est un peu comme si le rideau séparait un peu les hommes de Dieu, comme s’il ne les voyait pas totalement. Mais avec la déchirure de ce rideau, c’est comme si la mort de Jésus donnait désormais un accès direct à Dieu. Donc, quand on est dans l’église, on est directement en contact avec Dieu, on se retrouve nez à nez avec le Seigneur, rien ne nous sépare plus, puisque le rideau qui nous séparait, depuis la mort de Jésus, s’est déchiré. On ne peut donc pas nous comporter comme s’il ne nous voyait pas, comme s’il n’était pas là. C’est la raison pour laquelle ce lieu doit être respecté, on n’y entre qu’en tenue correcte, on doit en prendre soin. C’est l’occasion de remercier tous ceux qui se lèvent plus tôt que nous tous et qui viennent ici pour nettoyer, ranger, embellir, rendre fonctionnel cet espace. Et que dire de toutes ces personnes, qui, tous les lundi matin, s’activent pour que la maison du Seigneur ne ressemble pas à un lieu de marché pendant toute la semaine. Il y en a qui n’ont jamais imaginé qu’ils pourraient même consacrer une seconde à la maison de Dieu, et aussitôt la messe terminée, filent comme s’ils étaient poursuivis. Beaucoup parmi nous venons en retard et discutons même les places, nous jetons les mouchoirs et les papiers partout sans nous soucier ni de la présence de Dieu, ni du travail, de l’ombre qui se fait. Nous continuons à nous comporter en présence de Dieu comme on ne le ferait jamais en présence d’un responsable de ce monde. Ce mépris pour la maison de Dieu ne date pas d’aujourd’hui. Très tôt dans l’Ancien Testament, les prophètes vont déjà alerter le peuple contre les dérives de ceux qui fréquentent le temple. On verra même Jérémie se tenir à l’entrée du temple et invectiver les fidèles en disant : « Arrêtez d’invoquer le temple de Dieu pour vous justifier, alors que vous opprimez l’immigré, la veuve et l’orphelin, et que vous condamnez à mort l’innocent. » Faire cela, c’est profaner la maison de Dieu. C’est dans ce sens que nous devons comprendre la réaction de Jésus dans l’évangile. Faisons-en une maison de prière, de partage, respect de Dieu et de nos frères, et non un lieu conflits, de trafic d’influence, de division, de discrimination, de confiscation de places, où on ne s’assoit qu’entre amis. Certains confisquent les places attendent que leur ami, qui est toujours en retard, arrive enfin !! Comment on peut faire les choses comme ça alors que le rideau tu temple est déchiré et que Dieu nous voit très bien ? C’est nous que Jésus expulse aujourd’hui de sa maison. Et c’est peut-être la préparation à une autre expulsion, beaucoup plus grave encore, l’expulsion de sa maison du ciel. Frères et sœurs, que faisons-nous de la maison de Dieu ? La deuxième maison à laquelle renvoie l’église, c’est la communauté chrétienne que nous formons, c’est le temple de la nouvelle alliance. Et toute atteinte contre la communauté chrétienne est une atteinte contre Dieu. On attente à la communauté chrétienne quand on vient inoculer les divisions, les intrigues, la haine, les clans. Nos églises de pierre n’ont de sens et de valeur que par la communauté qui s’y rassemble. Jésus dénonce ainsi, comme les prophètes avant lui, les contre-témoignages dont nous sommes les acteurs, nous qui formons le temple saint. Beaucoup de choses pas toujours saintes s’y passent, s’y disent. Combien de personnes n’ont-elles pas perdu des objets dans cette église et dans d’autres ? Qui peut se lever pour aller communier et laisser sur place son porte-monnaie ou les clés de sa voiture ? Parce que nous sommes tous conscients que l’assemblée des chrétiens que nous formons n’est pas très différente d’une caverne de brigands, un haut lieu de trafic et de vol. Quand on est tout seul, on peut encore laisser son sac, mais s’il y a une personne, ou même toute la communauté rassemblée, on prend peur. Frères et sœurs, nous effrayons les gens, nous faisons peur, est-ce encore la maison de Dieu ? Quelle est la différence entre notre communauté rassemblée et le marché de Mokolo ? Ce sont les mêmes peurs. Beaucoup de personnes ont quitté leur maison le matin pour venir chercher le bonheur parmi nous et sont rentrées avec un grand malheur. Une communauté chrétienne, une paroisse, une famille chrétienne, une association qui n’est pas soudée par le ciment de la charité, de l’amour, de la vérité devient dangereuse. C’est un peu comme si vous entriez dans une maison et vous voyez comment tout est soudé, les murs bien en place, les parpaings bien collés les uns aux autres. Vous vous sentez en sécurité. Mais s’il s’agit d’une maison où les parpaings bougent parce que rien ne les lie, où les escaliers dansent et bougent dans tous les sens, vous avez l’impression que tout cela va s’écrouler sur et du coup vous ne vous sentez pas en sécurité. Nos communautés chrétiennes, nos mouvements se vident parce que rien de solide ne relie les gens, on ne se sent pas en sécurité, elles sont devenus des hauts lieux de diffamations, de problèmes, d’intrigues et tout cas ce n’est pas l’endroit conseillé quand on veut être en paix. Nous avons fait de la maison de Dieu une maison de trafic. Saint Augustin nous dit que de même que les pierres d’une maison ont besoin de ciment, de même la communauté chrétienne a besoin du ciment de la fraternité, de l’amour. Mais la tentation c’est que l’esprit du monde en matière de pouvoir, d’avoir et de savoir entre dans les mœurs de la communauté chrétienne. Aujourd’hui c’est la quête des constructions. Depuis plusieurs mois, on est à l’œuvre pour bâtir un temple de pierre. Le Seigneur nous demande de mettre la même énergie pour bâtir notre communauté humaine, notre communauté croyante. Aujourd’hui, ce ne sont plus les animaux que Jésus vient balayer, c’est l’égoïsme, les divisions qui sont comme des virus et qui détruisent notre église. Ce n’est plus le fouet qu’il utilise, c’est sa parole. La troisième maison à laquelle renvoie l’église c’est chacun et chacune d’entre nous, c’est-à-dire toute âme consacrée à Dieu par le baptême, devenue temple de l’Esprit Saint, demeure de Dieu. Dieu a donc fait de ma pauvre vie sa demeure ! Il est venu chercher ce pauvre cœur mortel pour en faire son tabernacle ! Frère et sœurs, nous comprenons maintenant pourquoi on dit que tout homme est une histoire sacrée, l’homme est à l’image de Dieu. Chacun de nous peut donc devenir un temple où le frère peut venir s’arrêter, se sentir accueilli. Laissons Dieu qui est en nous recevoir nos frères et sœurs, laissons-le à travers nous, être délicat, attentif. Pourquoi cherches-tu dans un autre temple celui qui est en toi ? Frères et sœurs, le vrai temple de Dieu, c’est là qu’il se trouve. C’est parce qu’il est dans mon cœur que ma communauté sera habitée par Dieu, parce qu’il est dans mon cœur que la maison de Dieu sera respectée, et s’il faut construire une maison solide, c’est là qu’il faudra mettre les fondations. Saint Dominique aurait fait un rêve. Il se serait retrouvé à soutenir un mur d’église qui penchait dangereusement et qui menaçait de s’écrouler. Il comprit que sa mission était de soutenir l’Eglise. Il aurait pu devenir un bon maçon et se lancer dans la construction d’édifices, il s’est plutôt jeté à corps perdu dans l’annonce de l’évangile. Parce pour lui et pour Dieu, ce qu’il fallait construire et soutenir, ce sont les cœurs.

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