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Homélie du 4ème Dimanche du Temps Ordinaire Année A 2017

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Frères et sœurs, l’évangile de ce dimanche nous parle du bonheur. Il nous livre le secret pour être heureux. Et nous savons tous combien nous voulons être heureux. Notre vie n’est-elle pas une quête permanente du bonheur ? Le Seigneur vient aujourd’hui nous éclairer, éclairer notre quête en nous montrant où se trouve le vrai bonheur. En effet, de même que les meilleurs objets sont victimes de la contrefaçon, de même il y a une contrefaçon du bonheur, il y a des faux bonheurs qui se délavent avec le temps. Le Seigneur nous demande de nous méfier des faux bonheurs et de nous attacher aux vrais bonheurs.

En parcourant les béatitudes, on constate une chose : le vrai bonheur est celui qui consiste à rendre heureux les autres : est heureux celui qui vit pour les autres, qui lutte pour que les autres soient heureux. Que signifie être pauvre de cœur ? N’est-ce pas mettre Dieu, mettre les autres à la première place ? Que signifie être doux ? N’est-ce pas ménager les autres, les traiter avec délicatesse ? Que signifie être miséricordieux ? N’est-ce pas être patient, compréhensif, être capable de pardonner à mon frère ? Que signifie avoir faim et soif de la justice ? N’est-ce pas tout faire pour éviter que l’autre ne soit victime d’injustice, d’exploitation ? Que signifie être artisan de paix ? N’est-ce pas travailler pour que mon frère vive dans la sérénité, dans la sécurité ?

Frères et sœurs, ce qui dit notre bonheur, ce qui atteste que nous sommes heureux, c’est ce que vivent, c’est ce que ressentent ceux qui nous entourent, ceux avec qui nous vivons, ceux qui se frottent à nous chaque jour ; c’est ce que vit mon employé, mon collaborateur au bureau, mon enfant à la maison, mon époux ou mon épouse, mes parents….Nous sommes heureux quand notre vie, nos actes sont une bonne chose, une chance, une grâce, un don du ciel pour notre entourage. C’est ce que nous dit cette histoire qui a pour titre : Les trois fils.

« Trois femmes se rendirent à la fontaine pour y puiser de l’eau. Près de la fontaine, sur un banc de pierre, était assis un vieillard qui les observait en silence et écoutait leurs bavardages. « Mon fils, dit la première, est si rapide et si agile que personne ne peut l’égaler. » La seconde soutint : « Mon fils chante comme un rossignol. Personne au monde ne peut se vanter de posséder une voix pareille. » Et toi, que dis-tu de ton fils ? » Demanda-t-elle à la troisième, restée silencieuse. « Je ne sais que dire de mon fils, répondit la femme. C’est un beau garçon comme il y en a tant. Il ne sait rien faire de spécial. » Quand les récipients furent remplis, les trois femmes prirent le chemin du retour. Le vieillard les suivit sur un bout de chemin. Les récipients étaient lourds et les bras des femmes avaient du mal à les porter. A un certain endroit, elles s’arrêtèrent pour reposer leur pauvre dos endolori. Trois jeunes vinrent à leur rencontre. Le premier improvisa un spectacle : les mains posées à terre et les pieds en l’air, il faisait la roue et finit par enchaîner un saut périlleux après l’autre. Les femmes le regardaient extasiées. « Quel jeune homme adroit ! » Le second se mit à chanter. D’une voix splendide, il broda dans la mélodie mille variations, comme un rossignol. Les femmes l’écoutaient, les larmes aux yeux. « C’est un ange ! » Le troisième jeune homme se dirigea vers sa mère, prit le lourd récipient et le porta en marchant à ses côtés. Les femmes se tournèrent vers le vieillard : « Alors que dis-tu de nos fils ? » « Des fils ? », s’écria le vieillard étonné. « Moi, je n’en ai vu qu’un seul. » (Les Trois fils de Bruno FERRERO, reprit par Pierre-Gervais MAJEAU dans LE CADEAU DU MENDIANT)

Frères et sœurs, cette histoire nous révèle ce que c’est que le vrai bonheur. Le bonheur n’est pas toujours là où on le cherche, il n’est pas toujours là où on croit qu’il se trouve, il n’est pas toujours dans ce qu’on admire. En effet, nous avons trois jeunes hommes. Les deux premiers ont tout, ils sont tout. Le troisième est un enfant sans aucun relief, qui ne suscite aucune admiration. Sauf que les deux premiers brillent par leur orgueil quand lui brille par son humilité. Heureux les pauvres de cœur, heureux les humbles. Ce que les autres ont, ce qu’ils sont ne sert à personne, sinon à eux seuls, pas même à leur mère. Alors que sa pauvreté à lui aide va soulager sa mère. Les autres sont acclamés quand ils font des pirouettes ou quand ils dansent, mais lui, personne ne l’acclamera quand il porte la cuvette de sa mère. Les deux premiers sont plus préoccupés par leur image que par la souffrance de leurs mères. Alors que lui, il souffre de voir souffrir sa mère.

Comme ces deux enfants, beaucoup pensent aujourd’hui être heureux alors qu’autour d’eux les gens souffrent, pleurent, on besoin d’aide sans le moindre regard, la moindre miséricorde, au contraire, il arrive même souvent qu’ils contribuent à cette souffrance.

Et pourtant, de ces trois mères, la plus heureuse, c’est la mère du pauvre. Le bonheur d’un fils, c’est aussi celui de sa mère. Chercher son bonheur, c’est d’abord chercher celui de son prochain. Qu’est-ce que le bonheur pour nous ? Comment cherchons-nous notre bonheur ? Pour qui, pour quoi vivons-nous ? Comment peut-on prétendre être heureux quand celle qui vous a donné la vie est malheureuse, quand elle souffre ? « Qu’as-tu fait de ta mère », leur demandera plus tard le Seigneur, comme il nous demandera à nous : « Qu’as-tu fait de ton frère, de ton collaborateur, de ton voisin de quartier ? »

Celui qui est aveugle, qui est sourd, insensible, indifférent au sort de son frère, quels que soient ses talents, sa richesse, ne saurait être classés parmi les heureux. La valeur d’une personne, c’est aussi d’abord la valeur qu’il accorde à son prochain. Une richesse, un bonheur qui ne sert à rien ni à personne est un malheur, une malédiction. Une richesse qui ne sert à personne ou qui s’obtient par l’exploitation des autres est une richesse maudite, elle génère le malheur et non le bonheur.

Est heureux, celui qui va bien finir, c’est celui dont la fin, la retraite éternelle est assurée. Et la retraite éternelle, elle se vit soit avec Dieu, soit loin de Dieu. Est heureux, celui dont la vie, les actes sont en odeur de sainteté avec Dieu. Le bonheur se construit plus dans ce que nous faisons que dans ce que nous avons. Si nous voulons être heureux, soignons ce que nous sommes, ce que nous faisons, nos relations mutuelles, ne passons pas le temps à soigner ce que nous avons, ce que nous voulons avoir. Battons-nous pour être mieux avec nos frères, pas forcément pour avoir plus. Et le bonheur de nos enfants ne dépend pas de ce qu’ils ont, de ce qu’ils gagnent, des postes qu’ils occupent dans la société, des titres que la société leur reconnaît, mais de leur façon d’être avec nous, avec leurs collaborateurs, avec leur entourage.

Beaucoup souffrent, de dépouillent, s’humilient parce qu’ils ont choisi de faire de leur vie un sacrifice pour les autres. Ces sacrifices, selon les béatitudes, constituent la fondation de leur bonheur. Alors heureux êtes-vous, vous qui avez compris que la vie n’a de sens que lorsqu’elle est utile aux autres. Le bonheur ne se trouve pas du côté de celui à qui tout le monde pense, mais du côté de celui qui pense à tout le monde. Heureux êtes-vous, si vous l’avez compris, même si vous le vivez dans la souffrance, dans l’ingratitude. Heureux vous dont la vie consiste à donner plus de dignité aux autres, à vous dépouiller pour les autres, même si les autres ne vous font aucun cadeau et vous refusent même toute dignité. Heureux vous dont la vie consiste à vous battre pour ceux qui vous combattent, vous avez trouvé le chemin du vrai bonheur. Que les frustrations que vous rencontrez tous les jours ne vous détournent pas de ce chemin qui est le vrai. Heureux vous qui acceptez d’être malheureux pour que les autres soient heureux. Jésus lui-même n’a-t-il pas choisi d’être humilié pour que les hommes soient élevés ? Votre bonheur sera à la mesure du bonheur que vous aurez apporté.

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