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Homélie du 6ème Dimanche du Temps Ordinaire Année A

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Dans la liturgie de ce 06ème dimanche ordinaire de l’année A, il est question de commandements, de lois. En effet, notre vie est encadrée par des lois, par des commandements. Chaque groupement humain, pour assurer son équilibre, pour son fonctionnement normal, est obligé de se doter de lois, d’un règlement qui doit être respecté par tous. Aucune famille, aucune société, aucune administration, aucune religion ne peut se passer de commandements. C’est d’ailleurs ce qui fait l’unité et la spécificité de chaque groupement.
Et si la parole de Dieu de ce dimanche nous parle des commandements, elle parle surtout de notre rapport aux commandements, à la loi. Quel est le rapport que nous entretenons avec la loi, avec le règlement ? En effet, certains disciples de Jésus pensaient que parce qu’ils étaient justement disciples de Jésus, ils n’avaient plus rien à voir avec la loi de Moïse. Ils pensaient prendre des libertés par rapport à cette loi qui avait pourtant guidé la vie de leurs ancêtres des siècles durant, et voulaient insinuer qu’ils le tenaient de Jésus lui-même. « Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir », leur répond assez sèchement Jésus.
Par cette réponse, Jésus questionne notre propre rapport aux différentes lois, aux différents règlements auxquels nous sommes souvent soumis : dans notre famille, dans la circulation, dans les guichets pour payer des factures, dans nos services, dans l’Eglise… Il veut surtout souligner notre tendance naturelle à vouloir toujours abolir au lieu d’accomplir, à vouloir toujours nous soustraire au règlement, à la loi, à la contourner, à la prendre toujours comme un fardeau dont on se décharge à la première occasion. Du côté de l’abolition, du non-respect ou du côté du respect, de l’accomplissement, où est-ce que je me situe ?
Jésus s’en prend d’abord à ceux qui ont tendance à bafouer les règles, à violer les lois, à ne rien respecter. Il met en garde contre la tentation des privilèges. Ses disciples en effet sont pris par la tentation des privilèges, au vue de leur situation à ses côtés. Nous sommes également dans une société où plus vous êtes grands, plus vous vous croyez être au-dessus des lois, des commandements. Plus vous êtes grands, plus vous avez des privilèges. Ainsi, alors que les autres s’efforcent de suivre les lois, le puissant s’affranchit de ces lois pour se tailler des lois à sa convenance, pour se tailler des privilèges.
Etymologiquement, privilège vient du latin « privata legi » qui signifie « lois privées », des lois qu’on va créer pour un petit groupe, une petite caste qui n’est plus en rien concerné par les lois communes. Mais Jésus nous dit que plus on est grand, plus on doit être celui qui respecte la Loi commune plus que tout le monde, à la perfection. Quand on est grand, on est en tête de file, et non à côté, à l’écart. Lui Jésus, n’a donc pas à être du côté de ceux qui bafouent, du côté de ceux qui veulent abolir, mais bien plutôt du côté de ceux qui respectent, qui suivent et surtout qui accomplissent, qui font mieux que les autres, qui vont plus loin que les autres.
Et aujourd’hui encore dans l’Eglise, on trouve beaucoup de disciples de Jésus qui veulent tout remettre en cause, qui s’autoproclament privilégiés, bénéficiaires de certains charismes, disent-ils, et qui prennent des libertés par rapport au fonctionnement normal de l’Eglise, à la discipline à laquelle tous les fidèles sont astreints, qui vont éviter les mouvements traditionnels de l’Eglise qui à leurs yeux sont comme la Loi de Moïse était aux yeux des disciples de Jésus, et vont créer de petits groupuscules, qui ne vont s’engager nulle part, qui vont se créer leur propre fonctionnement en fonction des inspirations qu’ils reçoivent de l’Esprit. Mais Jésus aujourd’hui dit à ces disciples-là : « Je ne suis pas venu abolir, mais accomplir. » Si vous êtes mes disciples, alors faites ce que les autres font, faites-le avec eux, et surtout faites-le mieux qu’eux. Allez plus loin dans le pardon, dans la charité, dans l’amour du prochain, dans la vérité. Les autres agissent peut-être de façon extérieure en soignant leurs gestes, vous, agissez de l’intérieur, en soignant votre cœur. Les autres font peut-être l’effort de ne pas tuer, vous, allez plus loin, n’ayez aucune haine, aucune colère dans votre cœur contre le prochain. Les autres sont peut-être obligés de faire un serment quand ils disent une chose pour rassurer les autres, mais vous, vous devrez faire preuve d’une telle honnêteté que vous n’aurez plus besoin de prêter serment. Les autres font les choses à moitié, ils aiment à moitié, ils pardonnent à moitié, ils donnent à moitié, mais vous, allez jusqu’au bout, jusqu’à l’accomplissement, faites les choses à la perfection. La grâce que nous accorde Jésus n’annule pas les exigences de la loi, elle rend plutôt possibles les sacrifices, les efforts que la loi nous exige.
Mais cette réponse de Jésus s’adresse aussi à ceux qui respectent la loi sans amour, par peur de la sanction, par peur de la punition de Dieu, sans conviction profonde. Il leur dit qu’un respect purement extérieur, sans adhésion intérieure, n’est pas un respect. Travailler sans amour, c’est n’est pas bien travailler. Donner pour se faire voir, pour qu’on ne dise pas que vous n’avez pas donné, donc sans amour n’est pas bien donner. Aller à la messe parce que c’est un devoir envers Dieu, mais sans envie, sans amour, sans enthousiasme, ce n’est pas bien prier. Et Jésus nous demande de ne pas nous contenter de faire des choses, de poser des actes, de respecter des lois, il nous faut apprendre à bien faire les choses. On respecte peut-être la loi, mais on n’arrive pas encore à l’accomplir, à la respecter la joie au cœur.
Enfin, Jésus qui vient à la suite de Moïse le représentant de la Loi, et d’Elie le représentant des prophètes, nous montre bien que le rôle du fils n’est pas d’abolir ce qu’a fait ou dit le père, mais bien plutôt de l’améliorer, de le perfectionner, de l’accomplir. Le rôle de celui qui vient n’est pas de détruire systématiquement ce qu’a fait son prédécesseur, mais de l’améliorer, de le peaufiner, de l’ajuster. Un monde qui avance, c’est un monde qui accomplit et pas un monde qui abolit, qui détruit. Et force est malheureusement de reconnaître que nous sommes plus dans un monde d’abolition que dans un monde d’accomplissement. Ne nous étonnons donc pas que nous soyons dans un perpétuel recommencement. Ce n’est pas en abolissant ce que les autres ont fait que nous montrons notre supériorité, mais en l’accomplissant, en la poussant plus loin. La nouveauté n’est pas toujours signe d’excellence. Soyons plus des disciples de l’excellence que des disciples de la nouveauté.
Frères et sœurs, nous avons du mal à accomplir ce que nous avons à faire, à accomplir les exigences de la vie chrétienne, on a plus tendance à vouloir remettre en cause, à faire à moitié, à ne pas aller jusqu’au bout de la charité, de l’amour, du pardon, de la réconciliation. Et pourtant, Jésus nous dit aujourd’hui que notre vie chrétienne est une vie d’accomplissement. Si on fait les choses à moitié, Satan se chargera de l’autre moitié. Or la mission de l’Eglise, c’est aussi de fabriquer des saints. Et les saints, ce sont ceux qui accomplissent et non ceux qui abolissent

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