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Homélie du 8 ème Dimanche Temps Ordinaire Année A "2017"

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« Nul ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’Argent. » Frères et sœurs, le ton est donné.

Il nous paraît cependant important de lever ce qui a souvent été un malentendu, une équivoque : ceux qui servent Dieu doivent-ils tourner le dos à l’Argent, vivre pauvre ? L’Eglise, les prêtres, les chrétiens doivent-ils être pauvres ? Doit-on parler de l’argent à l’église ? Doivent-ils renoncer à vivre, à acheter, à vendre, à cotiser ? Beaucoup, même parmi les chrétiens, tiennent un discours qui tendrait à affirmer que cela ne devait pas se faire, trouvant là un moyen assez détourné pour se soustraire à leurs obligations de chrétiens et de chrétiennes.

Il serait d’ailleurs totalement inacceptable humainement de dire à ceux qui triment, qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts, qui ne mangent pas à leur faim, n’arrivent pas à se soigner, à celui qui voit mourir son  enfant faute d’argent pour bénéficier des soins convenables, ceux qui n’arrivent pas à se loger convenablement, que l’argent ne compte pas. Au contraire, il faudrait les aider à en avoir plus pour subvenir à leurs besoins et pouvoir louer le Seigneur à travers cette vie et ces petites joies qu’il leur accorde déjà en attendant la Joie Eternelle.

A travers ces paroles, Jésus ne dit donc pas qu’il ne faille pas avoir de l’argent. Dans la bible, nous avons des grands serviteurs de Dieu qui étaient également connus comme riches, Abraham ou Job par exemple. Mais, nous précise saint Jean Chrysostome, « Job était riche, mais il ne servait pas l’argent, il en était le maître, et non l’adorateur ». Il possédait les richesses, mais il n’était pas possédé par les richesses.

Jésus veut donc attirer notre attention que le danger pour nous et notre entourage, ce n’est pas d’avoir des biens, de posséder des richesses, d’être le maître de ses richesses, mais d’être tellement possédé par son argent, ses biens au point d’en devenir esclave. Le danger c’est quand le respect, la vénération, l’adoration ou la lutte pour avoir l’argent, les biens, va jusqu’au mépris de sa propre vie, de sa propre santé, jusqu’au mépris des autres, à leur exploitation et au mépris de Dieu.

Le pape François, dans le message qu’il nous adresse pour ce temps de carême 2017, attire notre attention sur la place de plus en plus importante que la recherche, la possession de l’argent, des biens matériels peut prendre dans notre vie au point de nous faire négliger ou mépriser tout le reste : la famille, les amis, Dieu… « L’argent peut réussir à nous dominer et devenir ainsi une idole tyrannique, au lieu d’être un instrument à notre service. Il peut nous rendre esclave. Non à la nouvelle idolâtrie de l’argent ! Non à l’argent qui gouverne au lieu de servir ! » Dans la parabole du riche et de Lazare qu’il commente, nous voyons bien que la référence de ce riche, c’est sa richesse, son nom, c’est sa richesse, on ne lui connaît pas d’autre nom. L’évangile l’appelle : « le riche ». Alors que la référence de Lazare, c’est son Dieu, le nom Lazare signifiant : « Dieu est mon secours ».

Frères et sœurs, quelle est ma référence, qui est mon maître ? Comment aimerais-je qu’on m’appelle ? Le riche comme le riche de l’évangile ? Le beau, l’intelligent, le fort ? Ou bien : L’enfant de Dieu ?  Celui qui compte sur Dieu ? Celui dont le Seigneur est le refuge ? Pour quel nom, pour quel titre est-ce que je me bats ?

« Nul ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. » Evidemment, personne ne va dire qu’il méprise Dieu. Nous allons tous dire comme dans le psaume : « Je n’ai de repos qu’en Dieu seul, mon salut vient de lui. Lui seul est mon rocher, mon salut, ma citadelle : je suis inébranlable. Mon salut et ma gloire se trouvent près de Dieu… »

Et pourtant, dans la vie de tous les jours, que de mépris ! L’homme ne cesse de mépriser Dieu. Et saint Augustin nous dit comment est-ce que l’homme méprise Dieu : « Il le méprise, c’est-à-dire qu’il ne le redoute plus, parce qu’il s’imagine être assuré de sa bonté. C’est à cette désinvolture et à cette fausse sécurité que l’Esprit Saint vous nous arracher quand il dit par le prophète : ‘Mon fils, n’ajoute pas péché sur péché et ne dis pas : la miséricorde de Dieu est grande ! Tu ignores que la patience de Dieu t’invite à la pénitence. » Frères et sœurs, il a raison, saint Augustin, parce que c’est ce que nous faisons tous les jours.

On ne redoute plus Dieu aujourd’hui. Les choses de Dieu sont les plus négligées, bâclées, désertées. Et même quand on y est présent, c’est pour qu’il soit à notre service, pour que nous puissions avoir toujours plus, être toujours plus. On ne redoute plus le dimanche, on peut ne pas venir à la messe sans aucune crainte, on vole dans l’église avec l’air de dire : « Il va me faire quoi ? » Beaucoup ont été témoins de ce mépris de Dieu quand ils se sont fait dérober qui un porte-monnaie, qui un téléphone, qui même une moto, un véhicule. Dieu ne nous fait plus peur, et pire, on se moque même de lui. Et dans notre quotidien, on ment, on vole, on ne respecte pas l’homme, le chef-d’œuvre de Dieu… On bafoue sa parole, ses commandements avec une arrogance qui montre jusqu’à quel point Jésus est méprisé, traîné dans la boute. Et quand nous faisons ça, quand nous disons ça, cela signifie que nous avons un autre maître. C’est celui devant qui nous ne pouvons pas passer sans nous arrêter, celui dont tous les rendez-vous sont honorés. On ne rate jamais les rendez-vous d’argent… Qui est mon maître ? Il est évident que s’attachant ainsi à l’un, on ne peut que mépriser l’autre.

Cette attitude montre comment nous avons la manie de mépriser, de négliger les personnes les plus importantes de notre vie, les choses les plus utiles pour nous agenouiller devant les futilités, des personnes qui ne nous servent à rien, sinon à nous perdre. Les nouveaux maîtres aujourd’hui, ce sont les télévisions, les téléphones, au détriment des causeries familiales. Nos maîtres aujourd’hui, ce sont nos amis, nos bandes. Il n’y a qu’à voir l’influence de plus en plus grandissante que les bandes d’amis exercent sur les enfants au détriment de leurs propres parents.

Et pourtant la bible nous montre aussi que servir l’un et servir l’autre, ce n’est pas la même chose ; servir Dieu et servir un homme parce qu’il a l’argent, le pouvoir, ce n’est pas la même chose. Il y a deux maîtres : l’un ne fait qu’ajouter à nos soucis, il nous méprise, il nous tient en esclavage ; l’autre nous soulage, il nous protège, il se met à notre service, il nous rend plus libre, plus serein, parce qu’il fait de vous son enfant bien-aimé. Plus on est serviteur de Dieu, plus on est serein. Plus on est serviteur de l’Argent, plus on est inquiet, préoccupé. L’argent a deux visages : celui du serviteur et celui du maître. Quel est le visage que je lui donne dans ma vie ? Quand il est serviteur, je suis son maître. Quand il est le maître, je suis son serviteur. On sert le monde, l’argent, et on se sert de Dieu ! Et pourtant, c’est le contraire qui devrait se faire.

Comme il serait dommage de passer sa vie à courir après les fantasmes et de parvenir, au terme de sa vie, en ayant perdu l’essentiel.

Heureux celui qui sait choisir. Heureux celui qui, un jour, au nom de Dieu, au nom du respect qu’il a pour Dieu, pour sa parole, a eu le courage de dire la vérité et a refusé de mentir, a eu le courage de renoncer à un revenu au lieu de voler. Heureux celui qui par respect pour Dieu, a refusé les richesses au lieu de se compromettre. Oui frères et sœurs, il y a encore beaucoup de personnes aujourd’hui qui, mis devant le choix entre Dieu et l’Argent, choisissent Dieu. Comment Dieu, à son tour, ne les choisirait-il pas ? Heureux celui que la crainte de Dieu a poussé à reconnaître sa faute et à demander pardon. Heureux celui dont l’attachement à Dieu a poussé à la conversion pour mieux correspondre à sa parole et ne pas lui faire subir ce qu’il n’aime pas. Frères et sœurs, autant de petits signes pourtant à notre portée qui expriment le respect que nous avons pour Dieu.

Le temps de carême qui commence cette semaine est par excellence un temps du choix de Dieu, de respect de Dieu, un temps où on prend davantage conscience de ce qu’il dit, de ce qu’il veut, de ce qu’il fait.

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